YVES  ROBERT

 

 

Vrai nom : Yves Henry Charles Marie Robert.

Né à Saumur (Maine-et-Loire)  le 19 juin 1920.

Décédé à Paris (6ème) le 10 mai 2002.

 

 

Ballotté par les pérégrinations, puis le divorce de ses parents, Yves Robert commence à travailler à 13 ans comme apprenti dans une imprimerie de la capitale.

 

Il fréquente les cinémas, les music-halls et … les auberges de jeunesse où il s'amuse à faire le pitre.

Puis vient la guerre.  Il quitte l'imprimerie car le travail commence à manquer et exerce divers petits métiers (notamment modèle pour le musée Grévin !)  Il descend en Provence et rencontre Jean-Pierre Grenier et Olivier Hussenot qui l'intègrent à leur compagnie théâtrale.  Yves est enthousiaste et sait qu'il a trouvé sa voie.

 

De 1948 à 1952, il anime les spectacles du cabaret "La rose rouge" à Saint-Germain-des-Prés où triomphent Les Frères Jacques. Il y lit les textes de Boris Vian, de Jacques Prévert et de Raymond Queneau.

 

C'est en 1948 qu'il débute au cinéma avec Les dieux du dimanche de René Lucot.  En 1951, il réalise son premier film, un court métrage. Sept ans plus tard, il s'attaque à son premier long métrage : Ni vu ni connu,  une réussite qui lui vaut la reconnaissance des professionnels et du public.  En tête du générique, un certain Louis de Funès au début de sa percée cinématographique.

 

Dès lors, Yves passe devant et derrière la caméra. De cette époque, il se fait remarquer en fringant officier du 33ème Dragon auprès de Brigitte Bardot dans Les grandes manœuvres, ainsi qu'avec son rôle du Zèphe, ennemi juré d'un Bourvil madré, dans La jument verte, d'après le roman de Marcel Aymé.

En 1962, à ses casquettes de réalisateur et de scénariste, il ajoute celle de producteur.  Avec sa seconde épouse Danièle Delorme, il fonde "Les Films de la Guéville" pour un projet dont personne ne veut : La guerre des boutons, d'après le roman de Louis Pergaud. Personne ne croit à cette histoire de gosses.  Yves s'obstine. Avec raison. Le film récolte un immense succès populaire, obtient le "Prix Jean Vigo" et s'identifie à tout jamais par une réplique restée célèbre prononcée par l'espiègle P'tit Gibus aux bords des larmes : "Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu."

 

Par la suite, Yves enchaîne succès sur succès avec Alexandre le bienheureux, hymne à la nonchalance et aux  joies simples de la terre; Le grand blond avec une chaussure noire dans lequel il interprète aussi le rôle du chef d'orchestre; Un éléphant, ça trompe énormément et sa suite Nous irons tous au paradis, histoire d'un quatuor d'amis à la quarantaine compliquée.  En 1973, il dirige Marcello Mastroianni dans Salut l'artiste, le film relate les avatars d'un comédien de second plan aux ambitions déçues courant après d'hypothétiques cachets. Citons aussi ses deux adaptations parfaitement réussies, pleines de finesse et de poésie des souvenirs de Marcel Pagnol, La gloire de mon père et Le château de ma mère.

 

Tout cela ne doit pas occulter son engagement au théâtre. Il joue de nombreuses pièces : Une femme libre d'Armand Salacrou, qui lui vaut en 1949 le prix du meilleur jeune comédien; Colombe de Jean Anouilh qu'il crée en 1951; Jules César dans une mise en scène de Jean Renoir (dans les arènes d'Arles); Zamore de Georges Neveux; La tête des autres de Marcel Aymé; La bagatelle de Marcel Achard; L'opéra de quat'sous de Bertolt Brecht; etc.

 

Cinéaste de grand talent, il est l'un des rares à avoir réussi les comédies "à la française" où la tendresse et la drôlerie ne sont jamais absentes. Ses films reflètent sa gentillesse, son humour, son amour de la vie et son sens profond de l'amitié.

A l'instar d'Alexandre, Yves fut aussi un bienheureux.

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1948  Les dieux du dimanche, de René Lucot, avec Marc Cassot.
1950  Le tampon du capiston, de Maurice Labro, avec Rellys.
          Trois télégrammes, de Henri Decoin, avec Olivier Hussenot.
          La rose rouge, de Marcello Pagliero, avec Françoise Arnoul.
          Bibi Fricotin, de Marcel Blistène, avec Maurice Baquet.
          Juliette ou la clé des songes, de Marcel Carné, avec Gérard Philipe.
1951  Deux sous de violettes, de Jean Anouilh, avec Dany Robin.
1952  Les bonnes manières, court métrage, réalisation.
          Suivez cet homme, de Georges Lampin, avec Bernard Blier.
          Virgile, de Carlo Rim, avec Robert Lamoureux.

1953  Les hommes ne pensent qu'à ça, réalisation et interprétation, avec Rosy Varte.
1954  Escalier de service, sketch "Les Delecluze", de Carlo Rim, avec Saturnin Fabre.
          Fernand cherche du boulot, court métrage, réalisation.
1955  Futures vedettes, de Marc Allégret, avec Jean Marais.
          Les mauvaises rencontres, d'Alexandre Astruc, avec Anouk Aimée.
          Les grandes manœuvres, de René Clair, avec Gérard Philipe.

1956  Les truands, de Carlo Rim, avec Eddie Constantine.
          La terreur des dames / Ce cochon de Morin, de Jean Boyer, avec Noël-Noël.
          Folies-Bergère, de Henri Decoin, avec Eddie Constantine.
1955  Bonjour sourire / Sourire aux lèvres, de Claude Sautet, coadaptation uniquement.
1957  Les femmes sont marrantes, d'André Hunebelle, avec Micheline Presle.
          Ni vu ni connu, réalisation, avec Louis de Funès.
1958  Le petit prof, de Carlo Rim, avec Darry Cowl.
          Nina, de Jean Boyer, avec Sophie Desmarets.
1959  La jument verte, de Claude Autant-Lara, avec Bourvil.
          Signé Arsène Lupin, réalisation et interprétation, avec Robert Lamoureux.
1960  La brune que voilà, de et avec Robert Lamoureux.
          La Française et l'amour, sketch "Le mariage", de René Clair, avec Marie-José Nat.
          La famille Fenouillard, réalisation et interprétation, avec Sophie Desmarets.
          La mort de Belle, d'Edouard Molinaro, avec Jean Desailly.
1961  Cléo de 5 à 7, d'Agnès Varda, avec Corinne Marchand.
          L'U.R.S.S. à cœur ouvert, documentaire de Robert Vernay et Roman Karmen, voix
          uniquement.
          La Cappadoce, court métrage de Pierre Biro et Jean-Jacques Flori, voix uniquement.
1962  La guerre des boutons, réalisation, avec Martin Lartigue.

          Le pèlerinage, court métrage de Jean L'Hôte, avec Danièle Delorme.
1963  Bébert et l'omnibus, réalisation, avec Martin Lartigue.
          Chemins de Paris, court métrage de Raymond Letouzey.
1964  Les copains, réalisation, avec Philippe Noiret.
1965  La communale, de Jean L'Hôte, avec Robert Dhéry.
          Monnaie de singe, réalisation et coadaptation, avec Silva Koscina.

1966  Le roi de cœur, de Philippe de Broca, avec Micheline Presle.
          Un idiot à Paris, de Serge Korber, avec Dany Carrel.
1967  Le mois le plus beau, de Guy Blanc, avec Magali Noël.
          Alexandre le bienheureux, réalisation et coadaptation, avec Philippe Noiret.
1969  Clérambard, réalisation et interprétation, avec Philippe Noiret.
          Le pistonné, de Claude Berri, avec Guy Bedos.

1970  Le voyou, de Claude Lelouch, avec Jean-Louis Trintignant.
          Le distrait, de et avec Pierre Richard.
          Le cinéma de papa, de et avec Claude Berri.
          Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques, de Michel Audiard, avec Paul Meurisse.

1971  La grande Paulette, de Gérard Calderon, avec Michael Lonsdale.
          Ainsi parlait Theodor Herzl, d'Alberto Cavalcanti, moyen métrage, voix uniquement.
          Le viager, de Pierre Tchernia, avec Michel Serrault.
          Les malheurs d'Alfred, de et avec Pierre Richard.
          L'aventure, c'est l'aventure, de Claude Lelouch, avec Lino Ventura.
1972  Chère Louise, de Philippe de Broca, avec Jeanne Moreau.
          Absences répétées, de Guy Gilles, avec Danièle Delorme.
          Le grand blond avec une chaussure noire, réalisation et interprétation, avec Pierre Richard.
          La raison du plus fou, de François Reichenbach, avec Raymond Devos.
1973  Salut l'artiste, réalisation, avec Marcello Mastroianni.
1974  Le retour du grand blond, réalisation et interprétation, avec Pierre Richard.
1975  Section spéciale, de Costa-Gavras, avec Bruno Cremer.
          Trop, c'est trop !, de et avec Didier Kaminka.
          Le juge et l'assassin, de Bertrand Tavernier, avec Michel Galabru.
          Le petit Marcel, de Jacques Fansten, avec Isabelle Huppert.
1976  Un éléphant ça trompe énormément, réalisation, avec Jean Rochefort.
1977  Nous irons tous au paradis, réalisation, avec Jean Rochefort.
1978  Een vrouw tussen hond en wolf /Femme entre chien et loup, d'André Delvaux, avec Roger

          Van Hool.

          Le rose et le blanc, de Robert Pansard-Besson, avec Raymond Pellegrin.

1979  Ils sont grands ces petits, de Joël Santoni, avec Catherine Deneuve.
          Courage fuyons, réalisation, avec Jean Rochefort.
          Cap Horn, documentaire d'Yves Hussenot, voix uniquement.
1980  Un mauvais fils, de Claude Sautet, avec Patrick Dewaere.
1981  The Gods must be crazy / Les Dieux sont tombés sur la tête, de Jamie Uys, voix.
1983  Vive la sociale !, de Gérard Mordillat, avec François Cluzet.
          Garçon !, de Claude Sautet, avec Yves Montand.
1984  Le jumeau, réalisation, avec Pierre Richard.

          Scherzo infernal, court métrage d'animation de Werian Borowcyk, récitant.

1985  Billy ze Kick, de Gérard Mordillat, avec Francis Perrin.
          Le débutant, de Daniel Janneau, avec Francis Perrin.
1987  Fucking Fernand, de Gérard Mordillat, voix uniquement.
1989  Cher frangin, de Gérard Mordillat, avec  Luc Thuillier.
          Le crime d'Antoine, de Marc Rivière, avec Tom Novembre.
1990  La gloire de mon père, réalisation, avec Philippe Caubère.
          Le château de ma mère, réalisation, avec Philippe Caubère.
1991  Le bal des casse-pieds, réalisation, avec Jean Rochefort.

          Les eaux dormantes, de Jacques Tréfoul, voix uniquement.
1992  La crise, de Coline Serreau, avec Vincent Lindon.
1993  Montparnasse-Pondichéry, réalisation, avec Miou-Miou.
1995  Le nez au vent, de Dominique Guerrier, avec Philippine Leroy-Beaulieu.
          Sortez des rangs, de Jean-Denis Robert, avec Laure Duthilleul.

1998  Disparus, de Gilles Bourdos, avec Anouk Grinberg.

 

© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français disparus.