Daniel RIALET
Né le 1er Février 1960
à Malestroit (Département du Morbihan, Région Bretagne, France)
Décédé le 11 Avril 2006
à Paris (Département de la Ville de Paris, Région Île-de-France, France)
Inhumé au Cimetière de Malestroit
(Département du Morbihan, Région Bretagne, France)
Liens familiaux
:
- Époux de Carole
RICHERT (née en 1968), comédienne
Du 18 Juin 2003 à sa mort.
- Père de 2 enfants :
1. Pauline (née en
1996)
2. Vincent (né en 2000)
ACTEUR ET SCÉNARISTE
FRANÇAIS
BIOGRAPHIE
"Papa est parti pour un très long
tournage..." Cette périphrase à la poésie douloureuse lâchée par un
garçonnet de 6 ans signe le triste et brutal épilogue du parcours d'un jeune
comédien qui avait pourtant débuté sous des apprêts de conte de fée des temps
modernes... Profondément pudique et réservé, la tête froide et le regard
modeste sur sa notoriété télévisuelle récemment acquise, Daniel RIALET,
conscient que le succès peut être éphémère, répondait par un travail incessant,
une remise en question de chaque instant...
Rien n'était gagné au départ, pourtant... Daniel, mon cousin,
naît le 20 février 1960, au cœur de la Bretagne sud, dans la très charmante
commune de Malestroit, à quelques kilomètres de Vannes, dans le Morbihan. Cette
cité de caractère, millénaire depuis 1987, est traversée par le canal qui relie
Nantes à Brest, et c'est au sein de sa chapelle de La Madeleine que furent
réunis les signataires de la Trêve (certes illusoire) de la Guerre de Cent Ans
en 1343... Ça, c'est pour l'Histoire et les amateurs de tourisme! En revanche,
difficile de rompre l'ennui pour un adolescent de 14 ans. Il sera même présenté
une fois devant le juge pour s'être laissé entraîner par des voyous à faire des
bêtises, mais rien de bien méchant...
Daniel, fils unique de Michel RIALET et de Marie MAGUIGNON, se
destine a priori - après avoir notamment fréquenté l'école de La Menais à
Ploërmel - au métier de chauffeur routier dans l'entreprise de son père... Et s'il
s'y résigne de 18 à 21 ans, il n'a décidément pas cette vocation-là! La chance
vient d'un cousin apprenti comédien qu'il accompagne à Paris. Propulsé sur
scène, alors qu'il venait en visiteur, il fait une improvisation qui scelle son
destin: "Toi, tu es un acteur !" lui lance le professeur, visiblement
conquis par sa prestation...
Il réussit à 24 ans le concours d'entrée au Conservatoire
d'art dramatique de Paris. En sus d'un enseignement rigoureux - il a Michel
BOUQUET entre autres professeurs -, il fait une autre rencontre avec le destin:
celui du cœur. Nous sommes en juin 1987; il est en 3ème année, elle vient de
préparer le concours d'entrée. Il vient d'entendre un professeur en parler en
termes élogieux et court la chercher dans les couloirs. Elle, 19 ans, les joues
un peu rondes et couvertes de "cocos de pie" (des taches de
rousseur), parcourt fébrilement la liste des lauréats reçus au premier tour. Au
premier regard, c'est le coup de foudre... Daniel RIALET et Carole RICHERT ne
se quitteront plus...
Silhouette éternellement inquiète, sourire d'adolescent
timide, Daniel RIALET semble émergé tout droit d'un roman de l'existentialiste
Kafka, en antihéros marginal jugé coupable par une société conformiste. Et de
fait, il se plaît à jouer, à ses débuts sur scène, les personnages au langage
déstructuré des dramaturges du théâtre de l'absurde, ainsi "La Traversée
de l'empire" de Fernando ARRABAL... Les débuts au cinéma sont modestes,
mais il s'y distingue... parfois malgré lui! Dans le succès populaire et rural
de Jean-Loup HUBERT, "Le Grand Chemin" en 1987, il est Simon,
militaire en permission qui se "laisse aller" avec Marie MATHERON
dans une grange, sous le regard amusé des deux petits héros, avant d'être porté
disparu au front...
Mais l'écran qui lui portera décidément chance est une autre
fenêtre ouverte sur le monde... À partir de 1989, sous le regard protecteur du
vétéran Roger HANIN, il est l'un des "mulets" du commissaire Navarro,
dans la série éponyme de Tito TOPIN pour TF1. Au-delà du succès jamais démenti
du programme récurrent le plus long de la télévision - plus de 100 épisodes au
compteur -, Daniel RIALET trouve en ses camarades de jeu - Sam KARMANN, Jacques
MARTIAL et surtout Christian RAUTH - un réseau amical qui affine son destin...
Alors que le premier réalise, les deux autres donnent la réplique à Daniel dans
un court-métrage au scénario malin, à l'ironie tragique, au quiproquo
implacable: "Omnibus", en 1992. Daniel y tient la vedette, en
voyageur imprudent, qui découvre trop tard que son train quotidien a changé
d'itinéraire et ne s'arrêtera plus sur son lieu de travail. A force de
supplications, il convainc le contrôleur et le chauffeur de ralentir la machine
à hauteur de son lieu de destination, afin qu'il puisse sauter sur le quai. Et
et tout se déroule à merveille... avant qu'un autre voyageur en bout de
voiture, pensant venir en aide à un retardataire, ne le hisse à nouveau dans le
wagon (sic !)... Le film obtient la Palme d'Or à Cannes, mais aussi l'Oscar à
Hollywood, et le BAFTA à Londres... rien que ça !!!
Avec Christian RAUTH, Daniel forme d'ailleurs un duo à
l'amitié inaltérable, dont le secret réside sans aucun doute dans le caractère
antagoniste - et donc complémentaire - de ses protagonistes. La faconde et
l'impétuosité de Christian est tempérée par la
timidité et la réserve de Daniel, si bien que chacun est une émulation
salutaire pour l'autre... Les deux hommes décident de créer une maison de
production et de s'écrire des rôles - on n'est jamais si bien servi que par soi-même
- qui s'inspireraient de leurs caractères respectifs...
Leur premier projet commun, "Les Monos", voit le
jour en 1998 pour France 2... Durant trois ans et une poignée d'épisodes, ils
forment, aux côtés d'Eva DARLAN, un tandem d'éducateurs chargés de remettre sur
le droit chemin des ados à problèmes, avant de céder leur place à d'autres
interprètes - Thierry REDLER et Éric MÉTAYER, puis Jean-Claude ADELIN et Marc
DURET... RAUTH et RIALET ont déjà à cœur un autre concept, "Père et
Maire", ou les tribulations d'un duo qui n'est pas sans rappeler l'œuvre
du romancier italien Giovanni GUARESCHI, "Don Camillo", immortalisée
au cinéma par FERNANDEL et Gino CERVI. La série lancée en 2001 par Daniel et
Christian, tout en édulcorant le contexte idéologique et politique des
affrontements de leurs glorieux aînés, adapte avec plus ou moins de bonheur les
différends de deux institutions-clés d'une petite commune de province... Le
succès public est en tout cas au rendez-vous: 8 millions de téléspectateurs en
moyenne suivent chaque épisode sur TF1...
Daniel RIALET a trouvé son alter ego à l'écran, mais aussi à
la ville. Le couple qu'il forme avec la pétulante rousse Carole RICHERT est
sans nuage - ils ont deux enfants, et concrétisent leur amour par un mariage le
18 juin 2003 à la mairie du Xe arrondissement. Iils se soutiennent dans leur
carrière respective. Elle aussi devient un visage familier de la télévision,
multipliant les tournages de feuilletons et d'unitaires de prestige - elle est
particulièrement remarquable en mère de famille homosexuelle en butte à
l'incompréhension de ses enfants, dans le délicat "Tous les papas ne font
pas pipi debout" de Dominique BARON en 1998, aux côtés de Natacha
LINDINGER... Et comme ils n'ont été réunis qu'une seule fois à l'écran -
c'était en 1991 dans le méconnu "Cherokee" de Pascal ORTEGA -, Daniel
projette de passer à la réalisation, d'après un scénario construit à quatre
mains...
Partie à Marrakech se reposer, elle est malheureusement
absente le jour du drame... Le 4 avril 2006, alors qu'il déjeune au Virgin
Megastore des Champs-Élysées avec une amie comédienne, Daniel s'écroule, après
avoir porté la main à son front: un infarctus et une rupture d'anévrisme le
plongent dans un coma irréversible, malgré l'intervention rapide d'un serveur,
qui parvient à faire repartir son cœur... Le lendemain, alors qu'il est
inconscient à l'hôpital Cochin, TF1, ironie du sort, diffuse un inédit de
"Père et Maire" au titre douloureusement prémonitoire : "L'Ami
perdu"...
Et, de fait, la famille, les amis... tous se
"préparent" doucement au départ définitif de Daniel RIALET. Il nous
quitte pour de bon le 11 avril 2006. Sept jours plus tard, sa sépulture est
célébrée en l'église Notre-Dame de Passy, avant son inhumation le lendemain...
Lui si réservé, il aurait été très surpris et affligé du nombre des
photographes investissant sans pudeur le petit cimetière de sa commune natale,
et aussi des titres des journaux à sensation... Mais l'hommage aux gens
simples, profondément gentils, dans lesquels le grand public ne peut s'empêcher
de reconnaître un ami, est souvent à ce prix...
Christophe JACOB ©
Cinéma m’était conté - pour “Les Gens du Cinéma” (Mise à jour le 31/05/2006)
1985 – Zone rouge : de
Robert Enrico
avec Sabine Azéma
1986 – Le grand chemin :
de Jean-Loup Hubert
avec Richard Bohringer
1987 – Fréquence meurtre /
Hôtel Panique : d' Elisabeth Rappeneau
avec Catherine Deneuve
1988 – Baxter : de Jérôme
Boivin
avec Jean Mercure
1991 – Cherokee : de
Pascal Ortega
avec Bernadette Lafont
1992 – Omnibus : de Sam
Karmann
avec Jean-Chrétien Sibertin-Blanc
2001 – Requiem(s) : de
Stéphan Guérin-Tillié – Court Métrage –
avec François Berléand
ã Jean-Pascal CONSTANTIN pour
Les Gens du Cinéma (Mise à jour 17/04/2006)