FRANCOIS  PATRICE

 

 

Vrai nom : François Privat Henri Aubouard

Né à Beyrouth (Liban) le 1er janvier 1924.

 

 

Né à Beyrouth où il passe sa prime jeunesse, François Patrice arrive à Paris à l'âge de onze ans au lendemain du décès de son père, haut-commissaire de la France au Liban.

 

Il découvre les textes classiques en classe, passe son bac et s'inscrit au Conservatoire d'Art dramatique aux cours de Béatrice Dussane.

 

S'inspirant de ses deux prénoms, il compose son pseudonyme et débute sur les planches.  On peut   l'applaudir dans une dizaine de pièces dont Les J 3 (au "Théâtre des Bouffes-Parisiens" où il reprend  le rôle créé par François Périer) et Trois garçons, une fille ("Théâtre de Ménilmontant", 1954), toutes deux de Roger Ferdinand; Quand le diable y serait de René Fauchois (Th. Michel, 1945, avec Parisys); Le dernier chapitre de Patrick Raynal; Vingt-cinq ans de bonheur de Marc-Gilbert Sauvajon; Si je voulais de Paul Géraldy et Robert Spitzer, etc.

 

François Patrice fut le jeune premier viril, beau et sympathique de l'après-guerre et sa carrière au grand écran démarra instantanément après une excellente prestation dans Fille du diable, un film noir avec des personnages qui le sont tout autant, dans une réalisation soignée due à Henri Decoin.

 

Parmi ses meilleures prestations : L'escadron blanc, en héroïque lieutenant d'une compagnie de méharistes lancée à la poursuite de pillards dans le désert saharien, par ailleurs un film qui lui laissera d'impérissables souvenirs de l'envoûtant Sahara et ceux d'avoir pu côtoyer et d'admirer le talentueux comédien que fut Jean Chevrier; Le grand rendez-vous, un film relatant les préparatifs du débarquement américain en Afrique du Nord; Duel à Dakar et Rue des Saussaies, deux polars d'honnête facture avec Maurice Régamey avant qu'il ne passe derrière la caméra; La pocharde, en amoureux de Sophie Leclair dont il défend la mère injustement accusée d'alcoolisme et de l'assassinat de son mari; et enfin pour Les yeux cernés, il incarne le commissaire de police chargé d'une enquête difficile dans le sud Tyrol, etc.

 

Parmi les comédiens qu'il a pu approcher, outre Jean Chevrier cité plus haut, il reconnaît une grande estime quant au professionnalisme de Jean Gabin (Razzia sur la chnouf) et de Françoise Arnoul (Le bal des espions et Les parisiennes).

 

Au début des années 60, la Nouvelle Vague qui, loin s'en faut, ne fera pas que de bonnes choses trouve le cinéma et ceux qui le servent complètement ringards, aussi laisse-t-elle la plupart des jeunes comédiens sur la touche, tels Michel Auclair, Philippe Lemaire, Jean-Claude Pascal ou Daniel Gélin.  Ceux-ci attendront patiemment que le vent tourne et que les vagues contestataires perdent de leur agitation.

 

Quant à François, dès 1961, il s'investit dans des activités de rencontres en ouvrant et en animant le célèbre "Club François Patrice Saint-Hilaire", rue de Rennes dans le 6ème arrondissement de Paris.  Un endroit mythique, le rendez-vous incontournable du monde artistique, politique, journalistique et de ce que l'on n'appelait pas encore la Jet Set.  Cette formule connaît un très grand et rapide succès d'autant que vingt-neuf autres clubs s'ouvriront durant les vingt-cinq ans suivants.  Ceci le consolera sans une once d'amertume du cinéma.

 

Aujourd'hui, à près de 82 ans, loin de profiter d'une retraite méritée pleine d'heureux souvenirs d'un  parcours sans regrets, il dirige toujours avec le même inaltérable enthousiasme et en tant que directeur artistique un célèbre cabaret de Saint-Germain-des-Prés.  Le mot "retraite" ne convient d'ailleurs pas à François Patrice car outre son cabaret, il écrit, lit, et pratique le tennis… question de maintenir une forme qui ne l'a jamais quitté.

 

On lui doit un disque, "Le contrat", qui ne fut pas un grand succès, ainsi qu'un livre de souvenirs "Mille nuits plus une : souvenirs entre chiens et loups" paru aux Editions Temenos-Paris.

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1945  Fille du diable, de Henri Decoin, avec Pierre Fresnay.

1946  La rose de la mer, de Jacques de Baroncelli, avec Fernand Ledoux.

          Les gosses mènent l'enquête, de Maurice Labro, avec Constant Rémy.

1947  La vie en rose, de Jean Faurez, avec François Périer.

          Combat pour tous, court métrage de Georges Regnier, avec Marie Mergey.

1948  L'escadron blanc, de René Chanas, avec Jean Chevrier.

          Trois garçons, une fille, de Maurice Labro, avec Gaby Morlay.

          Retour à la vie, sketch "Le retour de René", de Jean Dréville, avec Noël-Noël.

          Impasse des deux anges, de Maurice Tourneur, avec Paul Meurisse.

1949  Le grand rendez-vous, de Jean Dréville, avec Véra Norman.

1950  Ils ont vingt ans, de René Delacroix, avec Jacqueline Gauthier.

          Rue des Saussaies, de Ralph Habib, avec Maurice Régamey.

1951  Duel à Dakar, de Claude Orval et Georges Combret, avec Maurice Régamey.

          Les quatre sergents du Fort Carré, d'André Hugon, avec Jean Gaven.

          Torticola contre Frankenstein, court métrage de Paul Paviot, avec Michel Piccoli.

1952  La pocharde, de Georges Combret, avec Pierre Brasseur.

1953  Le grand pavois, de Jack Pinoteau, avec Jean Chevrier.

1954  Les chiffonniers d'Emmaüs, de Robert Darène, avec André Reybaz, + co-auteur du scénario.

          Razzia sur la chnouf, de Henri Decoin, avec Jean Gabin.

1955  L'affaire des poisons, de Henri Decoin, avec Danielle Darrieux.

          Toute la ville accuse, de Claude Boissol, avec Jean Marais.

1956  Ce soir les jupons volent / Princesses de Paris, de Dimitri Kirsanoff, avec Nadine Tallier.

          La joyeuse prison, d'André Berthomieu, avec Michel Simon.

1957  La peau de l'ours, de Claude Boissol, avec Jean Richard.

1960  Le bal des espions, de Michel Clément, avec Françoise Arnoul.

1961  Les parisiennes, sketch "Françoise", de Claude Barma, avec Françoise Arnoul.

1964  Les yeux cernés, de Robert Hossein, avec Michèle Morgan.

1967  Vivre la nuit, de Marcel Camus, simple participation.

1969  Du blé en liasses, d'Alain Brunet, avec Marcel Dalio.

1975  Blondy, de Sergio Gobbi, avec Bibi Anderson.

1979  Ciao les mecs !, de Sergio Gobbi, simple participation.

1986  La nuit du risque, de Sergio Gobbi, avec Stéphane Ferrara.

 

© Yvan Foucart – pour les Gens du Cinéma    (mise à jour le 17.03.2006)