GEORGES  MARCHAL

 

 

Vrai nom : Georges Louis Marchal.

Né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 10 janvier 1920.

Décédé à Maurens (Dordogne) le 28 novembre 1997.

Inhumé au cimetière de Montfort-l'Amaury (Yvelines).

 

 

Beau et athlétique, Georges Marchal représente le jeune premier idéal de l'immédiat après-guerre.

D'emblée, il se pose en rival de Jean Marais sans parvenir toutefois à vraiment l'inquiéter.

 

Fils d'un chimiste, il passe sa plus tendre enfance à arpenter la campagne lorraine et à débusquer le gibier des forêts.

Toute sa vie durant, il gardera très profondément cette attirance pour la nature.

 

Il effectue ses études secondaires à Paris et, parce que la tête est déjà ailleurs, il les complète par des cours de danse classique et acrobatique.

Il devient coursier, puis débardeur aux Halles, pour finir comme garçon de piste au Cirque Medrano lorsqu'il rencontre Maurice Escande, futur administrateur-général de la Comédie-Française, qui l'encourage à se frotter aux planches des théâtres.

Pourquoi pas ?  Il s'inscrit aux cours de Madame Calvi et est très rapidement engagé au Théâtre du Palais-Royal pour Permission de détente, une pièce d'Yves Mirande.

 

Il a vingt ans lorsqu'il entre à la Comédie-Française.  Il y joue Iphigénie et Psyché. Il n'y reste que peu de temps car, comme bien d'autres, il se laisse séduire par le boulevard.

 

Le début de sa carrière cinématographique se confond avec celui de la scène.

Il se fait surtout remarquer pour son rôle de Julien, le jeune ouvrier du barrage en construction dans Lumière d'été que tourne Jean Grémillon en Haute Provence.

 

Au grand balcon lui offre l'occasion de jouer auprès de Pierre Fresnay et d'interpréter un aviateur casse-cou.

Et puisque les cascades sont ce qu'il apprécie le plus, la suite de sa carrière lui permettra d'en goûter à satiété.  A cet égard, on ne peut oublier sa superbe composition, pleine de panache et de fulgurance, du bondissant d'Artagnan des Trois mousquetaires, version d'André Hunebelle.

 

Avant cela, en 1948, il rencontre l'exquise et mutine Dany Robin sur le plateau de La passagère que réalise Jacques Daroy.

C'est un coup de foudre instantané et réciproque, mais ils attendent encore trois ans pour officialiser leur union le 30 juillet 1951 à la mairie de Montainville dans les Yvelines.

Pendant vingt ans, ils formeront le couple le plus romantique du cinéma français.

Jeunes, beaux, une carrière qui évolue parallèlement, un public qui les aime... les Marchal sont au faîte du bonheur et de la gloire.

Amoureusement, ils préservent leur intimité dans un château du 18ème siècle de Montfort l'Amaury qu'ils ne cessent de restaurer.

Deux enfants naissent : Frédérique et Robin.

 

Ensemble, ils tournent six films.

Revers de la médaille : conscient de son importance et nanti d'un caractère ombrageux, les journalistes lui décernent régulièrement le "Prix Citron" réservé à l'acteur le moins sympathique et le moins coopératif.

 

Cela et l'arrivée de la Nouvelle Vague sonnent le glas pour Georges Marchal.

Les producteurs français le boudent et lorgnent vers deux nouveaux venus à qui les connaisseurs prédisent une belle carrière : Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

 

Dès lors et certes amer, il se tourne vers les studios de Cinecitta et se console avec les péplums dont le public italien se montre si friand.

 

D'autre part, l'amitié que lui réserve Luis Buñuel lui vaut de jouer dans quatre de ses excellents films.  Georges Marchal modifie ainsi son registre et aborde des rôles plus mûrs.

 

Le 4 juillet 1969, le couple le plus adulé et le plus médiatisé de France divorce alors que les midinettes s'efforcent de refouler leurs larmes.

 

Quatre mois plus tard, Dany épouse Michael Sullivan, l'impresario irlandais des premiers James Bond.

Quant à Georges, il attend 1983 pour se remarier à la mairie de Louveciennes avec Michèle Heyberger.

 

Alors que le cinéma le relègue au creux de la vague, il se réinvestit avec davantage de bonheur au théâtre, notamment avec Les brumes de Manchester, la pièce de Frédéric Dard qui l'amène en tournée avec l'excellente Geneviève Kervine.

 

La télévision le "découvre" et le sollicite pour d'excellentes compositions, entre autres celle dans Quentin Durward de Gilles Grangier; Les rois maudits de Claude Barma; Les beaux messieurs de Bois-Doré de Bernard Borderie; Les grandes familles d'Edouard Molinaro; Cinq-Mars de Jean-Claude Brialy;  ou encore celle de la saga de Châteauvallon de Paul Planchon et Serge Friedman.

 

Ayant conservé intact sa soif d'aventure, on lui connaît également l'organisation de nombreux safaris en Afrique.

 

Retiré à Maurens, en Dordogne, un petit village proche de Bergerac loin du show business, il y décède des suites d'une longue maladie.

 

Il n'aura survécu que deux ans au grand amour de sa vie, Dany Robin qui périt brûlée dans l'incendie de son appartement parisien, en juin 1995.

 

Les deux ex-époux reposent non loin l'un de l'autre au cimetière de Montfort-l'Amaury, le village où ils vécurent longtemps heureux...

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1940  Fausse alerte, de Jacques de Baroncelli, avec Micheline Presle.

1941  Premier rendez-vous, de Henri Decoin, avec Danielle Darrieux.

1942  Le lit à colonnes, de Roland Tual, avec Odette Joyeux.

          L'homme qui joue avec le feu, de Jean de Limur, avec Ginette Leclerc.

          Lumière d'été, de Jean Grémillon, avec Madeleine Renaud.

          Etoiles de demain, court métrage de René Guy-Grand, avec Sophie Desmarets.

1943  Vautrin, de Pierre Billon, avec Madeleine Sologne.

          Blondine, de Henri Mahé, avec Nicole Maurey.

          Echec au Roy, de Jean-Paul Paulin, avec Odette Joyeux.

1944  Paméla, de Pierre de Hérain, avec Renée Saint-Cyr.

1945  Les démons de l'aube, d'Yves Allégret, avec Simone Signoret.

1946  La septième porte, d'André Zwobada, avec Maria Casarès.

          Torrents, de Serge de Poligny, avec Renée Faure.

1947  Bethsabée, de Léonide Moguy, avec Danielle Darrieux.

          Figure de proue, de Christian Stengel, avec Madeleine Sologne.

1948  La passagère, de Jacques Daroy, avec Dany Robin.

          Dernier amour, de Jean Stelli, avec Annabella.

          Les derniers jours de Pompéi, de Marcel L'Herbier, avec Micheline Presle.

1949  Au grand balcon, de Henri Decoin, avec Pierre Fresnay.

          La voyageuse inattendue, de Jean Stelli, avec Dany Robin.

          La soif des hommes, de Serge de Poligny, avec Dany Robin.

          Vedettes en liberté, court métrage de Jacques Guillon, avec Dany Robin.

1950  Robinson Crusoé / Il Naufrago del Pacifico, de Jeff Musso, film inédit.

1951  Le plus joli péché du monde, de Gilles Grangier, avec Dany Robin.

          Gibier de potence, de Roger Richebé, avec Arletty.

          Massalina / Messaline, de Carmine Gallone, avec Maria Félix.

          I sette nani alla riscossa / Sept nains à la rescousse, de Pablo W. Tamburella, avec Rossana

          Podesta.

1952  Douze heures de bonheur / Jupiter, de Gilles Grangier, avec Dany Robin.

          Les amours finissent à l'aube, de Henri Calef, avec Françoise Christophe.

1953  Les trois mousquetaires, d'André Hunebelle, avec Danielle Godet.

          Si Versailles m'était conté, de et avec Sacha Guitry.

          Teodora, imperatrice di Bisanzio / Théodora, impératrice de Byzance, de Riccardo Freda,

          avec Gianna Maria Canale.

1954  La Castiglione, de Georges Combret, avec Yvonne de Carlo.

          La soupe à la grimace, de Jean Sacha, avec Maria Mauban.

          Il Visconte di Bragelonne / Le vicomte de Bragelonne, de Fernando Cerchio, avec Dawn

          Addams.

          Dix-huit heures d'escale, de René Jolivet, avec Maria Mauban.

1955  Cherchez la femme, de Raoul André, avec Geneviève Page.

          Les aventures de Gil Blas de Santillane, de René Jolivet, avec Barbara Laage.

          Cela s'appelle l'aurore, de Luis Buñuel, avec Lucia Bosé.

1956  La mort en ce jardin, de Luis Buñuel, avec Simone Signoret.

1957  Marchands de filles, de Maurice Cloche, avec Agnès Laurent.

          Quand sonnera midi, d'Edmond T. Gréville, avec Dany Robin.

          Filles de nuit, de Maurice Cloche, avec Nicole Berger.

1958  La rivolta dei gladiatori / La révolte des gladiateurs, de Vittorio Cottafavi, avec Gianna Maria

          Canale.

          Nel segno di Roma / Sous le signe de Rome, de Guido Brignone, avec Anita Ekberg.

1959  Prisonniers de la brousse, de Willy Rozier, avec Nadine Alari.

          Vacanze d'inverno / Vacances d'hiver / Brèves amours, de Camillo Mastrocinque, avec

          Michèle Morgan.

          Le legioni di Cleopatra / Les légions de Cléopâtre, de Vittorio Cottafavi, avec Linda Cristal.

          Costa Azzurra / Le miroir aux alouettes, de Vittorio Sala, avec Elsa Martinelli.

          Apocalisse sul fiume giallo / Le dernier train de Shanghai, de Renzo Merusi, avec Anita

          Ekberg.

          Austerlitz, d'Abel Gance, avec Pierre Mondy.

1961  Il colosso di Rodi / Le colosse de Rhodes, de Sergio Leone, avec Lea Massari.

          Napoléon II, l'Aiglon, de Claude Boissol, avec Danièle Gaubert.

          Ulisse contro Ercole / Ulysse contre Hercule, de Mario Caiano, avec Alessandra Panaro.

1962  Il colpo segreto di d'Artagnan / Le secret de d'Artagnan, de Siro Marcellini, avec Magali

          Noël.

1964  L'étrange auto-stoppeuse, de Jean Darcy, avec Sophie Hardy.

1965  The dirty Game / Guerre secrète, de Terence Young,  Christian-Jaque et Carlo Lizzani, avec

          Annie Girardot.

1966  Dacii / Les guerriers, de Serge Nicolaesco, avec Marie-José Nat.

          Belle de jour, de Luis Buñuel, avec Catherine Deneuve.

1968  La voie lactée, de Luis Buñuel, avec Delphine Seyrig.

1971  Faustine et le bel été, de Nina Companeez, avec Muriel Catala.

1976  Les enfants du placard, de Benoît Jacquot, avec Brigitte Fossey.

1982  L'honneur d'un capitaine, de Pierre Schoendoerffer, avec Jacques Perrin.

1983  Le complexe de César, d'Anne Revel-Bertrand. (sous réserve)

 

 

© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français disparus.