ROBERT  LE VIGAN

 

 

Vrai nom :  Robert Charles Alexandre Coquillaud.

Né à Paris (18ème) le 7 janvier 1900.

Décédé à Tandil (Argentine) le 12 octobre 1972.

Inhumé au cimetière de Tandil (Argentine).

 

 

Acteur fou, halluciné, tourmenté, qui ne se souvient, entre autres, de sa remarquable composition du colonial Goupi-Tonkin dans le film de Jacques Becker ?

Entre autres car la plupart de ses rôles sont d'incontestables chefs-d'oeuvre.

 

Acteur génial et plein de démesure, il fut aussi un acteur maudit, condamné à dix ans de travaux forcés et à l'indignation nationale à vie, incarcéré à Fresnes et amnistié au bout de trois ans en bénéficiant d'une liberté conditionnelle. Il tint une librairie, place des Vosges à Paris, avant de s'exiler en Argentine où il mourut pauvre et oublié, déçu et aigri, vaincu par la maladie.

Une aide financière lui parvenait de temps à autre de France dont celle, discrète et constante, de Pierre Fresnay.

Cet exil, il le dut à son amitié pour Louis-Ferdinand Céline, à ses années de collaboration avec les Allemands et à ses nombreuses émissions antisémites sur Radio-Paris.

 

Deuxième prix de comédie au Conservatoire, il commence sa carrière dans des revues et des vaudevilles au Théâtre Impérial (il a notamment Marcel Dalio comme partenaire : un juif cependant !).

 

Il évolue vers le théâtre avec La grande Catherine de George-Bernard Shaw, Donogoo de Jules Romains, Pétrus de Marcel Achard, et Le misanthrope où il personnifie un sublime Alceste.

En 1931, Julien Duvivier l'engage au cinéma pour Les cinq gentlemen maudits afin de camper un personnage peu recommandable, le premier d'une longue et inquiétante série.

 

La suite ne sera, en effet, qu'une brochette d'interprétations troubles, équivoques ou acérées comme dans Le petit roi où il interprète avec une réelle conviction... un fou, ce qui ne pouvait mieux tomber.

 

Dans Les bas-fonds, il incarne un acteur déchu déclamant Shakespeare, dans La Bandera,  mouchard, il trahit Gabin et dans Golgotha, il évoque un saisissant Jésus décharné.

Marcel Carné lui réserve le rôle de Jéricho dans Les enfants du paradis, mais il ne tourne qu'une seule scène, il abandonne le plateau et est remplacé par Pierre Renoir.

 

Indubitablement, Robert Le Vigan  marqua le cinéma français de son empreinte.

 

Il fait désormais partie de ces "monstres sacrés", de ces acteurs exceptionnels et irremplaçables qui, aujourd'hui, enrichissent nos cinémathèques.

Un acteur d'exception, unique.

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1931  Les cinq gentlemen maudits, de Julien Duvivier, avec Rosine Deréan.

          Radio-Folies, court métrage de Jean Tarride, avec Monette Dinay.

1932  Le chien jaune, de Jean Tarride, avec Rosine Deréan.

          Une jeune fille et un million, de Max Neufeld, avec Madeleine Ozeray.

          En douane, court métrage avec Germaine Reuver.

          L'éternelle chanson, court métrage de Robert Vernay, avec Claude Borelli.

1933  Le petit roi, de Julien Duvivier, avec Robert Lynen.

          La rue sans nom, de Pierre Chenal, avec Paul Azaïs.

          Le tunnel, de Kurt Bernhardt, avec Jean Gabin.

          L'homme à la barbiche, court métrage de Louis Valray, avec Fernand Ledoux.

          Le médecin de service, court métrage d'André Cerf, avec Pierre Brasseur.

          Boubouroche, court métrage d'André Hugon, avec Madeleine Renaud.

          Coquin de sort, court métrage d'André Pellenc, avec Alice Tissot.

          Madame Bovary, de Jean Renoir, avec Valentine Tessier.

          Knock, de Roger Goupillières et Louis Jouvet, avec Louis Jouvet.

          La femme idéale, d'André Berthomieu, avec Marie Glory.

          Prince des six jours, de Robert Vernay, avec Paulette Dubost.

1934  Maria Chapdelaine, de Julien Duvivier, avec Madeleine Renaud.

          Famille nombreuse, d'André Hugon, avec Georges Milton.

          L'article 330, court métrage de Marcel Pagnol, avec Jean d'Yd.

          Bien mal acquis, court métrage d'Earl Welch, avec Paul Asselin.

          L'affaire Coquelet, de Jean Gourguet, avec Alice Tissot.

1935  La Bandera, de Julien Duvivier, avec Jean Gabin.

          Jérôme Perreau, d'Abel Gance, avec Georges Milton.

          Golgotha, de Julien Duvivier, avec Jean Gabin.

          La ronde du brigadier Bellot, court métrage de Raymond Ruffin, avec Simone Deguyse.

1936  Un de la légion, de Christian-Jaque, avec Fernandel.

          Les mutinés de l'Elseneur, de Pierre Chenal, avec Jean Murat.

          Romarin, d'André Hugon, avec Yvette Lebon.

          Les bas-fonds, de Jean Renoir, avec Jean Gabin.

          Jenny, de Marcel Carné, avec Françoise Rosay.

          Hélène, de Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein, avec Madeleine Renaud.

          L'homme de nulle part, de Pierre Chenal, avec Pierre Blanchar.

1937  Regain, de Marcel Pagnol, avec Fernandel.

          L'Occident, de Henri Fescourt, avec Charles Vanel.

          Franco de port, de Dimitri Kirsanoff, avec Berval.

          La femme du bout du monde, de Jean Epstein, avec Jean-Pierre Aumont.

          La citadelle du silence, de Marcel L'Herbier, avec Annabella.

1938  Quai des brumes, de Marcel Carné, avec Jean Gabin.

          L'avion de minuit, de Dimitri Kirsanoff, avec Jules Berry.

          Les disparus de Saint-Agil, de Christian-Jaque, avec Erich von Stroheim.

          Tempête sur l'Asie, de Richard Oswald, avec Madeleine Robinson.

          Le petit Chose, de Maurice Cloche, avec Robert Lynen.

          Ernest le rebelle, de Christian-Jaque, avec Fernandel.

1939  Le veau gras, de Serge de Poligny, avec Elvire Popesco.

          La charrette fantôme, de Julien Duvivier, avec Louis Jouvet.

          Le dernier tournant, de Pierre Chenal, avec Corinne Luchaire.

          Louise, d'Abel Gance, avec Grace Moore.

          Dédé la musique, d'André Berthomieu, avec Albert Préjean.

          Le monde tremblera, de Richard Pottier, avec Madeleine Sologne.

          Paradis perdu, d'Abel Gance, avec Micheline Presle.

1940  Untel père et fils, de Julien Duvivier, avec Michèle Morgan.

          Chambre 13, d'André Hugon, avec Josseline Gaël.

1941  L'assassinat du Père Noël, de Christian-Jaque, avec Renée Faure.

          Romance de Paris, de Jean Boyer, avec Charles Trénet.

          Patrouille blanche, de Christian Chamborant, avec Junie Astor.

          Vie privée, de Walter Kapps, avec Marie Bell.

          Andorra ou les hommes d'airain, d'Emile Couzinet, avec Jany Holt.

          Le mariage de Chiffon, de Claude Autant-Lara, avec Odette Joyeux.

1942  La grande marnière, de Jean de Marguenat, avec Ginette Leclerc.

          Goupi Mains-rouges, de Jacques Becker, avec Blanchette Brunoy.

          Ne le criez pas sur les toits, de Jacques Daniel-Norman, avec Fernandel.

          Les affaires sont les affaires, de Jean Dréville, avec Charles Vanel.

          La prière aux étoiles, de Marcel Pagnol, inachevé.

1943  L'homme qui vendit son âme, de Jean-Paul Paulin, avec Michèle Alfa.

          La collection Ménard, de Bernard-Roland, avec Suzy Prim.

          Les enfants du paradis, de Marcel Carné, scène supprimée.

1944  Bifur 3, de Maurice Cam, avec Martine Carol.

1950  El correo del Rey, de Ricardo Gascón, avec Pepita Fornés.

          Ley del mar, de Miguel Iglesias, avec Carmen Cepillo. 

1951  La Orquidea, d'Ernesto Arancibia, avec Diana de Cordoba.

          Las arguas bajan turbias, de Hugo del Carril, avec Adriana Benetti. (sous réserve)

1952  Rio turbio, d'Alejandro Wehner, avec Zoe Ducos.

 

 

© Yvan FOUCART – Dictionnaire des Comédiens Français disparus.