PAULINE  LAFONT

 

 

Vrai nom : Pauline Aïda Simone Medveczky.

Née à Nîmes (Gard) le 6 avril 1963.

Décédée  à  Gabriac (Lozére) le 11 août 1988.

 

 

Fille de Bernadette Lafont et de Gyorgy Medvecsky, un sculpteur hongrois vivant dans un univers quelque peu marginal et mystique, la jeune Pauline Lafont connut un destin tragique.

 

Partie après le petit déjeuner de la maison familiale que les Lafont possèdent à Saint-André-de-Valborgne, pour une de ces promenades solitaires qu'elle affectionne, cette dernière lui est fatale puisqu'elle se termine par une chute dans un ravin de dix mètres, couvert par des buissons de ronces.

Dès le lendemain de ce 11 août 1988 qui émeut la France, la région est ratissée par les gendarmes et par des militaires appelés en renfort.

Tout cela en vain.

Ce n'est que trois mois plus tard, qu'un agriculteur fait la macabre découverte.

Trois mois durant lesquels, toutes les hypothèses furent émises : fugue, enlèvement, mauvaise rencontre, accident, etc.

 

Vingt-cinq ans, une quinzaine de films, jolie, avide de la vie, d'une hypersensibilité extrême, et puis ce constat fort amer : une carrière prometteuse brisée net.

Pauline Lafont a douze ans lorsqu'elle débute aux côtés de sa mère dans un film de Pierre Zucca, Vincent mit l'âne dans un pré.

 

Toutefois, ce n'est qu'en 1985, avec Le pactole de Jean-Pierre Mocky, et Poulet au vinaigre de Claude Chabrol, ami de longue date de Bernadette, qu'elle s'affirme vraiment.

 

S'il faut retenir une seule de ses compositions, c'est indubitablement celle de Lilas, la fille un peu paumée, naturellement impudique, la Marilyn de province qu'elle incarne avec une sincérité totale dans L'été en pente douce de Gérard Krawzyck, dans lequel elle est entourée de Guy Marchand, Jacques Villeret, Jean-Pierre Bacri et de Claude Chabrol qui tint à faire une apparition pittoresque et réussie en curé.

 

Pauline Lafont, étoile montante au destin inachevé, personnifiait la joie de vivre, la douceur et la gentillesse.

 

Les gens simples de Saint-André-de-Valborgne, au coeur des Cévennes, où elle passa son insouciante jeunesse s'en souviennent avec beaucoup d'émotion.

 

 

FILMOGRAPHE

 

1975  Vincent mit l'âne dans un pré, de Pierre Zucca, avec Bernadette Lafont.

1983  Vive les femmes, de Claude Confortes, avec Maurice Risch.

          Papy  fait de la résistance, de Jean-Marie Poiré, avec Gérard Jugnot.

          Ballade sanglante, court métrage de Sylvain Madigan, avec Michel Aumont.

          Les planqués du régiment, de Michel Caputo, avec Paul Préboist.

1984  L'amour braque, d'Andrzej Zulawski, avec Francis Huster.

          The bay boy / Un printemps sous la neige, de Daniel Petrie, avec Liv Ullmann.

1985  Le pactole, de Jean-Pierre Mocky, avec Richard Bohringer.

          Poulet au vinaigre, de Claude Chabrol, avec Jean Poiret.

1986  La galette du roi, de Jean-Michel Ribes, avec Jean Rochefort.

          Je hais les acteurs, de Gérard Krawzyck, avec Jean Poiret.

1987  Sale destin, de Sylvain Madigan, avec Victor Lanoux.

          Sale temps, court métrage d'Alain Pigeaux, voix uniquement.

          L'été en pente douce, de Gérard Krawzyck, avec Guy Marchand.

          Soigne ta droite, de Jean-Luc Godard, avec Michel Galabru.

          Made in Belgique, court métrage d'Antoine Desrosières.

          Jing du qiu xia / Soccer heroes / Une histoire extraordinaire de football, de Xie Hong, avec

          Zhang Fengyi.

1988  Deux minutes de soleil en plus, de Gérard Vergez, avec Christophe Malavoy.

 

© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français disparus.