JEAN-PIERRE KERIEN
Vrai nom : Jean
Kérien.
Né au Havre
(Seine-Maritime) le 15 mars 1913.
Décédé à Paris
(14ème) le 9 avril 1984.
Ce breton, quoique né en Normandie,
à l'élégance anglo-saxonne et au charme flegmatique d'un Fernand Gravey, a su
imposer son personnage dans de fort intéressantes compositions.
Inscrit à l'Université de
Rennes, il se préparait à une carrière médicale lorsque l'attrait de la scène
vint le distraire de l'enseignement d'Hippocrate.
Il suivit, comme bien
d'autres, les cours de René Simon et de Louis Jouvet, ce qui ne l'empêcha pas
d'être de la création de l'opérette Balalaïka au Théâtre Mogador.
Il fut aussi l'un des
partenaires de revue de Mistinguett.
Eclectique dans ses rôles,
il joua, toujours au théâtre, dans Arsenic et vieilles dentelles de
Joseph Kesserling et dans Les justes d'Albert Camus (1949, Théâtre
Hébertot), aux côtés de Serge Reggiani, de Michel Bouquet et de Maria Casarès.
Au cinéma, il retrouve sa
bonne ville du Havre, cette fois hostile, pour le contexte de Un homme
marche dans la ville ou il est soupçonné d'un crime qu'il n'a pas commis;
excellent aussi dans le film belge de Storck Le banquet des
fraudeurs dans lequel il incarne le chef de gang des fraudeurs précisément
dont tombe amoureuse (Christiane Lénier) la fille d'un douanier !; et
puis sa composition la plus dramatique, celle du père malheureux du jeune
Christian Fourcade dans Le petit Jacques.
La télévision le sollicite
pour plusieurs participations aux Cinq dernières minutes auprès de
Raymond Souplex (Bon Dieu, mais c'est bien sûr!); pour Commissaire Moulin
avec Yves Rénier; pour le Sainte Jeanne de Claude Loursais aux côtés de
Dominique Labourier en pucelle, ou encore pour La caméra explore le temps
dans Le drame de Sainte-Hélène, mis en scène par Guy Lessertisseur
auprès d'un Raymond Pellegrin rappelé pour une cause, impériale, celle de
renouer pour la énième fois avec Napoléon.
Comédien réservé et raffiné,
il fut marié à Wanda Malachowski qui fit un peu de théâtre et de qui il eut une
fille prénommée Laure.
FILMOGRAPHIE
1937 L'affaire du courrier de Lyon, de Maurice
Lehmann et Claude Autant-Lara, avec Pierre
Blanchar.
1938 Le dompteur, de Pierre Colombier, avec
Saturnin Fabre.
1939 Le chasseur de chez Maxim's, de Maurice
Cammage, avec Bach.
1940 Un chapeau de paille d'Italie, de Maurice
Cammage, avec Fernandel.
1941 Une vie de chien, de Maurice Cammage, avec
Fernandel.
1942 Lettres d'amour, de Claude Autant-Lara, avec
Odette Joyeux.
1947 Une mort sans importance, d'Yvan Noé, avec
Suzy Carrier.
1948 Les eaux troubles, de Henri Calef, avec
Ginette Leclerc.
1949 L'auberge du péché, de Jean de Marguenat,
avec Ginette Leclerc.
Le cas du docteur Galloy, de Maurice
Téboul, avec Suzy Prim.
Dernier amour, de Jean Stelli, avec
Annabella.
La souricière, de Henri Calef, avec
Danielle Godet.
Un homme marche dans la ville, de
Marcello Pagliero, avec Ginette Leclerc.
1950 Né de père inconnu, de Maurice Cloche, avec
Gaby Morlay.
Un sourire dans la tempête, de René
Chanas, avec Roger Pigaut.
1951 Domenica, de Maurice Cloche, avec Odile
Versois.
Le banquet des fraudeurs, de Henri
Storck, avec Françoise Rosay.
1953 Le petit Jacques, de Robert Bibal, avec
Christian Fourcade.
Zoé, de Charles Brabant, avec Barbara
Laage.
1954 Opération Tonnerre, de Gérard Sandoz, avec
Blanchette Brunoy.
Crime au Concert Mayol, de Pierre
Méré, avec Claude Goddard.
Passion de femmes, de Hans Herwig,
avec Nadine Alari.
Paris, documentaire de Henri Calef,
voix uniquement.
1955 A la manière de Sherlock Holmes, de Henri
Lepage, avec Henri Vilbert.
La plus belle des vies, de Claude
Vermorel, avec Roger Pigaut.
1956 Trapèze, de Carol Reed, avec Gina
Lollobrigida.
1957 Paris clandestins, de Walter Kapps, avec Jean
Murat.
Les aventuriers du Mékong, de Jean
Bastia, avec Dominique Wilms.
Tabarin, de Richard Pottier, avec
Sylvia Lopez.
1959 Détournement de mineures, de Walter Kapps,
avec Nathalie Nattier.
Prisonniers de la brousse, de Willy
Rozier, avec Georges Marchal.
Le septième jour de Saint-Malo, de
Paul Mesnier, avec Roland Lesaffre.
1960 September Storm, de Byron Haskin, avec Joanne
Dru.
1961 Les bras de la nuit, de Jacques Guymont, avec
Danielle Darrieux.
1962 Muriel ou le temps d'un retour, d'Alain
Resnais, avec Delphine Seyrig.
1966 La guerre est
finie, d'Alain Resnais, avec Yves Montand.
© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français
disparus.