de complications à la suite
d’une opération aux poumons
Inhumé
au Forest Law Memorial Park, à Glendale (Californie, U.S.A.)
Vrai
Nom : Walter Elias Disney
DISNEY L’ENCHANTEUR
“ Au pays
de l’impossible Walt Disney était le roi ”
Pierre
Tchernia
Depuis plus d’un demi-siècle, le nom de Walt Disney – artiste
démiurge au génie visionnaire et universel – demeure indissociable des plus
grandes réussites du cinéma d’animation. L’immense popularité de ses premières
créations (les immortels Mickey et Donald en tête) à l’échelle
internationale lui a surtout permis de bâtir un empire commercial à nul autre
pareil. Mais les cinéphiles du monde entier n’oublieront jamais qu’ils doivent
avant tout à Walt Disney quelques-uns de leurs plus beaux souvenirs de jeunes
(et moins jeunes!) spectateurs. Hommage…
Walter Elias Disney, dit Walt, voit
le jour à Chicago (Illinois) le 5 décembre 1901. Signalons toutefois une
controverse à ce sujet: ainsi, Walt Disney ne serait pas né – selon certaines
sources – en 1901 mais onze ans auparavant, très précisément le 30 décembre
1890. Comme l’a fait remarquer André Siscot, il est possible qu’on ait donné à
l’enfant, pour d’obscures raisons (familiales ou autres…), l’identité d’une
personne décédée, née en 1890 et portant le nom de Walter Elias Disney! Quoi
qu’il en soit, le voile ne semble guère devoir être levé sur ce mystère, dans
la mesure où aucun document officiel (pas même son acte de mariage) ne fait
mention de la date de naissance – réelle ou supposée – du “père” de Mickey
Mouse.

Cet
extrait de mariage est conforme à la copie de l'original en ma possession ©
Collection André SISCOT
Walt Disney est le
quatrième fils d’Elias Disney [1859-1941], tour à tour fermier, mécanicien de
chemin de fer et ouvrier dans le bâtiment,
et de Flora Call [1868-1938], ancienne institutrice. Suite à des
difficultés financières, la famille Disney (qui compte, depuis 1903, un cinquième
enfant) choisit de s’établir à Kansas City en 1910. Le jeune Walt y fréquentera
le Kansas City Art Institute afin d’étudier le dessin. Alors que les
troupes US se battent en Europe depuis 1917, Walt Disney parvient à se faire
incorporer (en trichant sur son âge!) au sein d’une unité sanitaire de la
Croix-Rouge américaine, où il servira - en France - de
1918 à 1919.
De retour aux États-Unis,
Disney trouve un emploi dans un cabinet publicitaire et se lie d’amitié avec Ub
Iwerks (1901-1971), qui deviendra bientôt son premier et plus fidèle
collaborateur. C’est en effet avec ce dernier que Disney créé - dès 1920 - sa
première société, baptisée Iwerks-Disney Commercial Artists. Sans
succès. Par chance, les deux compères sont engagés par la Kansas City Film Advertising
Company pour la réalisation de films d’animation publicitaires.
Parallèlement, Disney confectionne plusieurs courts-métrages d’environ une
minute pour le compte de la Newman Laugh-O-Gram.
A l’invitation de son
frère Roy, Walt Disney se rend à Hollywood en 1923 et y fonde sa propre maison
de production: Disney Brothers Studio (dont le nom sera plus tard changé
en Walt Disney Studio [1926] puis Walt Disney Productions
[1928]).
De 1923 à 1927, Disney
supervise la série Alice in Cartoonland (totalisant une
cinquantaine d’épisodes) où sont associés dessins animés et prises de vues
réelles avec des comédiens. En juillet 1925, Disney établit ses studios au 2719
Hyperion Avenue (dans le district de Silver Lake, au sud
d’Hollywood) : ils y demeureront jusqu’en 1941, date à laquelle le siège
social sera transféré au 500 South Buena Vista Street, à Burbank
(Californie). Dans la foulée, notre homme épouse Lillian Marie Bounds
(1899-1997) - employée du studio en tant qu’intervalliste (chargée d’exécuter
les dessins intermédiaires pour assurer un maximum de fluidité aux animations
principales) - le 13 juillet 1925, à Lewiston (Idaho). Walt Disney et Lillian
Bounds auront deux filles: Diane Marie (née en 1933) et Sharon Mae (1936-1993),
adoptée par le couple en 1937.

Ce
serment de mariage conforme à l'original comporte la signature de l'époque de
Walt Disney. © Collection André SISCOT
L’activité artistique de
Disney commence à s’intensifier. De 1927 à 1928, Ub Iwerks, Walter Lantz (futur
créateur de Woody Woodpecker) et lui travaillent sur la série Oswald
the Lucky Rabbit, récit des aventures d’un sympathique petit lapin
évoquant Félix-le-chat et arborant gants blancs et rayures dorsales.
Universal Pictures
détenant les droits d’exploitation de la série, Disney se voit contraint
d’abandonner Oswald (qui survivra néanmoins jusqu’à l’aube des années
40) et perd la plupart de ses collaborateurs - parmi lesquels Fritz Freleng,
Hugh Harman et Rudolph Ising - demeurés à l’Universal. Seul Iwerks et une
poignée d’animateurs restent fidèles à Disney, qui cherche désormais à créer un
tout nouveau héros capable de remplacer avantageusement Oswald.
L’anecdote veut que Walt
Disney ait jeté l’ébauche de la plus célèbre souris anthropomorphique de
l’histoire du dessin animé dans le train reliant New York à la Californie, en
mars 1928. Ayant songé un moment à la baptiser Mortimer, Disney se
laisse convaincre par son épouse de lui donner le nom de Mickey Mouse.
Le personnage de Mickey apparaît tout d’abord dans deux cartoons muets (Plane
Crazy, d’après l’épopée de Charles Lindbergh, suivi de Gallopin’ Gaucho,
inspiré des exploits de Douglas Fairbanks). Mais la véritable consécration
survient le 18 novembre 1928 avec la présentation - à New York - de Steamboat Willie (Mickey, capitaine
au long cours), premier dessin animé sonorisé, utilisant le procédé Movietone
développé par RCA (Radio Corporation of America). Si le film a
coûté trois fois plus cher qu’un cartoon muet standard, le succès de Mickey
(dont la naissance s’accompagne de celles de Minnie et de Pat
Hibulaire) est immédiat et sans précédent. Remarquablement animé par
Ub Iwerks, Mickey (auquel Walt en personne prêtera sa voix jusqu’en
1947) ne tardera d’ailleurs pas à devenir l’emblème de la Maison Disney.
Avec Skeleton Dance
(La Danse Macabre, 1929) - adaptation du poème symphonique homonyme de
Camille Saint-Saëns, préfigurant Fantasia - Walt Disney inaugure la
triomphale série des Silly Symphonies, grâce à
laquelle il acquiert un prestige tel qu’aucun autre studio d’animation ne
parvient à rivaliser avec le sien. En 1932, Disney révolutionne le dessin animé
en utilisant pour la première fois la couleur dans Flowers and Trees (Symphonie
du printemps), qui remporte l’Oscar du Meilleur Court-Métrage d’Animation,
nouvellement décerné par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences.
Six autres Oscars viendront récompenser - dans la même catégorie - le travail
accompli par l’équipe Disney sur Les Trois Petits Cochons (The Three
Little Pigs, 1933), The Tortoise and The Hare (1934), Three
Orphan Kittens (1935), The Country Cousin (1936), Le Vieux
Moulin (The Old Mill, 1937) et Ferdinand the Bull (1938), au
cours de la décennie.
En 1937, pour les besoins
de The Old Mill, Disney expérimente la coûteuse caméra Multiplane,
grâce à laquelle il parvient à recréer l’illusion de la perspective, à travers
des images animées en deux dimensions.
De 1930 à 1949, Disney
produit une moyenne annuelle de dix-huit courts-métrages animés et invente
toute une ménagerie de nouveaux personnages, tels le chien Pluto
(apparu dans The Chain Gang, en 1930), Goofy (aperçu dans Mickey’s
Revue [1932] sous le nom de Dippy Dawg) ou encore Donald Duck,
irascible canard au costume de marin, conçu comme l’antithèse de Mickey
(symbole de prudence, de gentillesse et de témérité).
Disney qui, au milieu des
années 30, va effectuer un fructueux voyage à travers l’Europe (d’où il
ramènera plusieurs centaines d’ouvrages, illustrés par Gérard Grandville,
Gustave Doré ou Honoré Daumier), entreprend dès 1934 la réalisation de son
premier dessin animé de long métrage, adapté du conte des frères Grimm : Blanche-Neige
et les sept nains (Snow White and the Seven Dwarfs, 1937).
Projet ambitieux qui coûtera la somme faramineuse - pour l’époque - d’un
million cinq cent mille dollars…mais dont les recettes en première exploitation
dépasseront les 66 millions de billets verts (pour finalement atteindre près de
185 millions, à la faveur des différentes ressorties). Public et critique ne
manqueront pas de saluer l’extraordinaire qualité de l’animation,
l’incomparable puissance dramatique de l’ensemble, ainsi que l’éclat des images
(sublimées par un Technicolor flamboyant) et la splendide partition de Leigh
Harline (gratifié, pour l’occasion, d’une nomination aux Oscars dans la
catégorie «Meilleure Musique Originale»). Walt Disney se verra, quant à lui,
attribuer un Academy Award à titre honorifique (reçu des mains de
Shirley Temple et accompagné de sept petites statuettes, faisant référence aux
fameux «nains»), avec cette mention spéciale du jury, qualifiant l’œuvre d’innovation
indiscutable dans le domaine de la cinématographie, ayant charmé des millions
de spectateurs et ayant ouvert au cinéma de vastes perspectives.
D’une manière générale, Disney n’aura cessé de crouler sous les honneurs tout
au long des années 30: à ses nombreux Oscars viennent en effet s’ajouter -
durant la période 1935-36 - une Médaille spéciale de la Société des Nations
(pour la création de Mickey) et la remise des insignes de Chevalier de
la Légion d’honneur. D’aucuns vont même jusqu’à prétendre qu’une audience
papale lui aurait été accordée, ainsi que deux entrevues avec…Mussolini (cf.
l’ouvrage d’Alessandro Barbera [Camerata Topolino. L’ideologia di Walt
Disney, Rome, Stampa Alternativa, 2001], évoquant lesdites visites à
Mussolini, les projections privées de ses films organisées par Hitler et
Goebbels, la participation supposée de Disney à des réunions du parti nazi
américain ou encore sa complicité avec le FBI de J. Edgar Hoover, dont il fut
un informateur zélé durant les heures sombres du maccarthysme)!
Qui plus est, en homme
d’affaires avisé, Walt Disney élargit son champ d’activités et multiplie les
sources de revenus de sa société, grâce aux royalties perçues au titre des
licences concédées et autres produits dérivés (journaux, BD,…).
La période précédant
immédiatement la Seconde Guerre mondiale sera moins facile pour Disney. D’une
part, les deux longs métrages animés qu’il met en chantier (Pinocchio
[1940] et Fantasia [id.]) ne rencontrent pas le succès
escompté.
Le premier - qui a
mobilisé quelque 750 artistes et nécessité plus de deux années de préparation,
pour un budget d’environ 3 millions de dollars - se révèle pourtant supérieur à
Blanche-Neige sur le plan de l’animation et des décors (en dépit d’une
regrettable propension au sentimentalisme): qu’il suffise de se remémorer la
première séquence, offrant une superbe vision panoramique du village endormi de
Gepetto, plongé dans la nuit étoilée. Deux Oscars («Meilleure Chanson»
et «Meilleure Musique Originale») viendront toutefois récompenser le film en
1941.
Le second - porté aux
nues trente ans plus tard - ne connaît qu’un succès mitigé à sa sortie. Œuvre
inégale, Fantasia - sorte de « film-concert »
illustrant quelques-uns des plus beaux morceaux de la musique classique -
regorge néanmoins de moments anthologiques tels L’Apprenti sorcier
(d’après le scherzo symphonique de Paul Dukas, arrangé par Leopold Stokowski),
mettant en scène Mickey, Le Sacre du printemps (où la musique de
Stravinski - qui ne manqua pas de critiquer l’orchestration de Stokowski -
s’accompagne d’un ballet sur le thème de la « Création du monde »),
sans oublier La Danse des heures de Ponchielli, irrésistible pièce
chorégraphique - virtuose et parodique - pour autruches, hippopotames et
orchestre! Las, la guerre faisant rage sur l’Ancien Continent, la fermeture de
nombreux marchés européens compromet sérieusement les recettes de Pinocchio
et de Fantasia.
D’autre part, les
méthodes patronales employées par Disney mécontentent singulièrement ses
collaborateurs, qui s’estiment - à raison - mal rétribués et revendiquent le
droit de figurer au générique des films produits par le studio. Disney refusant
de négocier un nouveau contrat avec ses animateurs et leur déniant la
reconnaissance artistique à laquelle ils aspirent légitimement, ceux-ci déclenchent une grève en mai 1941, paralysant ainsi toutes
les activités de la firme. L’Administration Roosevelt permet à Disney de ne pas
perdre la face: invité par Nelson Rockefeller - alors Coordinateur du «Bureau
des Affaires Interaméricaines» - à participer à une tournée des capitales
sud-américaines (dans le cadre de la politique panaméricaine initiée par le
Président Roosevelt), Disney accepte de jouer les ambassadeurs de luxe pendant
que des médiateurs s’emploient à négocier avec les grévistes. Lorsque Disney
s’en retourne aux États-Unis, les conflits sont aplanis pour de bon. Toutefois,
c’en est désormais fini de l’ambiance chaleureuse qui avait jusque-là régné au
sein du personnel des studios. En l’absence de Disney, Ben Sharpsteen et son
équipe ont achevé la réalisation de Dumbo (1941), émouvante
histoire d’un éléphanteau qui découvre qu’il peut voler grâce à ses grandes
oreilles. Austérité financière oblige, le film (produit pour moins d’un million
de dollars) ne s’impose assurément pas comme l’une des réussites majeures de
Disney - nonobstant un succès commercial appréciable et la remise de l’Oscar de
la «Meilleure Musique d’un Film Musical» en 1942 - pas plus d’ailleurs que Les
Secrets de Walt Disney (The Reluctant Dragon, 1941), montage de
dessins animés reliés par des scènes filmées dans les studios Disney. Plus
préoccupant, Bambi (1942) - projet auquel Disney travaille depuis
1937, avant même la sortie de Blanche-Neige - ne rapporte que 3 millions
de dollars lors de sa sortie en août 1942. Magistrale ode à la Nature -
parcourue d’instants inoubliables (tels le combat des cerfs, nimbé par les
teintes mordorés de l’automne, ou encore le spectaculaire incendie de forêt
final,…) - le film est jugé trop mélancolique en ces temps de guerre.
Les finances de la firme
(dont la raison sociale est désormais Walt Disney Productions Company)
n’étant pas au beau fixe, Disney n’a d’autre choix que de produire des films de
propagande destinés à soutenir «l’effort de guerre». Parmi les plus originaux,
retenons avant tout l’excellent (et oscarisé!) Der Fuehrer’s Face (1943)
- présenté comme un cauchemar de Donald, rêvant qu’il vit en plein cœur
de l’Allemagne nazie - mais aussi Education for Death (1943) -
surprenante parodie wagnérienne - et l’exceptionnel documentaire de dessin
animé Victory Through Air Power (1943), d’une durée de 70 minutes.
D’après le matériel
ramené d’Amérique du Sud, Disney réunit quatre courts-métrages animés, reliés
par des documentaires en prises de vues réelles, sous le titre de Saludos
Amigos (1943): le résultat n’offre malheureusement qu’un portrait
inconsistant et stéréotypé d’une Amérique latine d’opérette. Dans le même
esprit, The Three Caballeros (1945) et Song of the South
(Mélodie du Sud, 1946) s’avéreront à peine plus supportables.
Si la fin de la Seconde
Guerre mondiale coïncide avec un retour à l’équilibre financier des studios,
les premières années de la Guerre froide révèlent, quant à elles, une facette
peu glorieuse de la personnalité de Walt Disney. Alors que la psychose
anticommuniste commence à secouer Hollywood, à travers la tristement célèbre Commission
sénatoriale d’enquête sur les activités antiaméricaines [House
Un-American Activities Committee (HUAC)], présidée par
l’ultraconservateur J. Parnell Thomas, Walt Disney - à l’instar d’éminentes
personnalités hollywoodiennes, telles Jack Warner, Adolphe Menjou, Louis B.
Mayer, Robert Montgomery, Gary Cooper, Ronald Reagan ou Robert Taylor - apporte
sans repentir son soutien aux suppôts de la «chasse aux sorcières». Le 24
octobre 1947, Walt Disney témoigne devant la Commission et s’emploie à
dénoncer trois de ses anciens collaborateurs - Herbert K. Sorrell, David
Hilberman et William Pomerance - qu’il estime être des sympathisants
communistes. Tous trois démentiront par la suite les assertions de leur ancien
employeur, dont les propos semblent à ce point incohérents qu’il devra bientôt
se rétracter par télégramme!
Walt
Disney et Joe van COTTOM lors de leur première rencontre en 1946

© Joe van COTTOM avec
l'autorisation de sa fille.
Toujours prompt à
diversifier ses activités, Disney entreprend de développer une série de
documentaires sur la vie animale (True-Life Adventures [C’est la vie,
1949-1960]) et les peuples du monde (People and Places [Le Monde et
ses Habitants, 1953-1960]).
Avec Cendrillon
(Cinderella, 1950), adapté du célébrissime conte de Charles Perrault,
les studios Disney livrent leur premier véritable long métrage depuis Bambi
tout en affichant la volonté de revenir aux fastes féeriques de Blanche-Neige.
Le triomphe est au rendez-vous. Il en ira de même avec Alice au pays des
merveilles (Alice in Wonderland, 1951), savoureuse transposition
de l’univers absurde et inquiétant de Lewis Carroll, Peter Pan
(1953), aimable «trahison» de l’œuvre de James Matthew Barrie et La Belle
et le Clochard (Lady and the Tramp, 1955), première tentative de
long métrage animé en CinémaScope.
Fort de ces succès,
Disney se lance dans la production d’œuvres cinématographiques à part entière,
certaines d’entre elles constituant des montages d’épisodes de séries télévisées
(Zorro, Davy Crockett,…). Citons notamment : L’Ile
au trésor (Treasure Island, 1950) de Byron Haskin, Robin
des Bois et ses joyeux compagnons (The Story of Robin Hood and His
Merrie Men, 1952) de Ken Annakin, Vingt Mille Lieues sous les mers
(20000 Leagues Under the Sea, 1954) de Richard Fleischer, Échec au
Roi (Rob Roy, 1953) de Harold French, Davy Crockett, roi
des trappeurs (Davy Crockett, King of the Wild Frontier, 1955)
et Davy Crockett et les pirates (Davy Crockett and the River
Pirates, 1956) de Norman Foster, L’Infernale poursuite (The
Great Locomotive Chase, 1956) de Francis D. Lyon, Le Fidèle Vagabond (Old
Yeller, 1957), Darby O’Gill et les Farfadets (Darby O’Gill
and the Little People, 1959), L’enlèvement de David Balfour (Kidnapped,
1960), tous trois de Robert Stevenson, Signé Zorro (The Sign
of Zorro, 1958) de Lewis R. Foster et Norman Foster, Zorro, the
Avenger (1959) de Charles Barton, Les Robinsons des mers du Sud
(Swiss Family Robinson, 1960) de Ken Annakin, Mary Poppins
(1964) et L’Espion aux pattes de velours (That Darn Cat,
1965) de l’inusable Robert Stevenson, auteur à lui seul de quelque dix-neuf
longs métrages pour le compte des studios Disney!
Dans les années 50, Walt
Disney parvient enfin à concrétiser l’un de ses plus vieux rêves: la création
d’un parc de loisirs, baptisé Disneyland. Situé près d’Anaheim
(Californie) et inauguré le 17 juillet 1955, Disneyland constitue à la
fois le premier parc à thèmes de la firme mais aussi - et surtout - l’un des
premiers du genre! Le succès de l’entreprise ne se démentira jamais, Disneyland
ayant attiré à ce jour plus d’un demi milliard de visiteurs, venus du monde
entier.
Joe van COTTOM et Walt
DISNEY dans la propriété de ce dernier … sur le train miniature. Un avant goût
de Disneyland.

© Joe van COTTOM avec
l'autorisation de sa fille
Cinéma, télévision, parc
d’attractions…autant d’activités lucratives entraînant une sensible diminution
de la production de dessins animés. Quatre ans après La Belle et le Clochard,
Disney produit et distribue La Belle au bois dormant (Sleeping
Beauty, 1959), qui se solde par un cuisant échec commercial. Tourné en
Super Technirama 70 mm pour une somme avoisinant les 6 millions de dollars, La
Belle au bois dormant est aussi le dernier long métrage animé dont les
dessins sont encore reproduits à la main sur Rhodoïd (matière thermoplastique à
base d’acétate de cellulose, analogue au Celluloïd), procédé par trop onéreux.
Pour son film suivant, Les 101 Dalmatiens (101 Dalmatians,
1961), Disney opte pour le système «Xerox» de photocopie des dessins, réduisant
ainsi de deux millions de dollars les coûts de production par rapport au
précédent long métrage. Les 101 Dalmatiens connaissent
un immense succès de par le monde, faisant rapidement oublier la déconvenue de La
Belle au bois dormant. A telle enseigne que les aventures des fameux chiens
tachetés se classent, aujourd’hui encore, parmi les 200 plus grosses recettes
de l’histoire du box-office américain.
Plus modeste, en
revanche, sera l’audience de Merlin l’enchanteur (The Sword in
the Stone, 1963) qui, tout en ne manquant pas d’intérêt, semble résolument
filmé à l’économie.
Si l’empire Disney se
porte comme un charme, il n’en va pas de même de son créateur, qui souffre
d’une toux rauque persistante depuis plusieurs années. Travailleur acharné,
Walt Disney se lance à corps perdu dans son ultime projet, dénommé EPCOT
(Experimental Prototype Community Of Tomorrow), sorte de «cité idéale»
sans crime ni misère, censée surpasser Disneyland.
Walt Disney ne vivra pas
assez longtemps pour relever ce nouveau défi, pas plus que pour assister au
triomphe du dernier film qu’il a produit : Le Livre de la jungle
(The Jungle Book, 1967). Au cours de l’été 1966, les médecins lui
découvrent une tumeur cancéreuse au poumon gauche. Sa santé se détériore très
rapidement. Le 15 décembre 1966, Walt Disney s’éteint à l’Hôpital St. Joseph de
Burbank (en face de ses propres studios), à l’âge de soixante-cinq ans.
Incinéré, ses cendres reposeront au Forest Lawn Memorial Park de
Glendale (Californie). C’est à Roy O. Disney, frère aîné et partenaire
financier privilégié de Walt Disney depuis 1923, que revient logiquement la
charge de diriger la compagnie, dont il assurera la présidence jusqu’à sa mort
en 1971.
La dernière rencontre de deux grands amis. C'était en 1966 quelques mois
avant le décès de Walt Disney.

© Joe van COTTOM avec
l'autorisation de sa fille
Véritable mythe
labellisé, Walt Disney - par delà les sentiments de fascination/répulsion qu’il
inspire aux uns ou aux autres - s’est à la fois imposé comme l’un des pionniers
de l’animation, dont les innovations artistiques et techniques ont marqué
durablement la production cinématographique américaine, mais aussi comme l’une
des figures incontournables - et immortelles! - de l’industrie hollywoodienne
et de la culture populaire occidentale. Ainsi que l’a justement fait remarquer
Richard Williams, lauréat d’un Oscar pour l’animation de A Christmas Carol
(1971): « …tout animateur a contracté une grosse dette à l’égard de
Walt Disney. Même ceux qui détestent aussi bien le contenu que le style des
films produits par sa compagnie doivent admettre que ceux-ci constituent le
meilleur de tout ce qui pouvait se faire dans le genre. Certes, Walt Disney
n’inventa pas le dessin animé mais il le perfectionna et en fit un produit
hautement sophistiqué ».
Avec nos remerciements à Rolande van
COTTOM qui nous a permis de publier ces documents photographiques extraits du
livre de son papa "Walt Disney, Mon ami".
Il est a noter, que Joe (ami d'André
Siscot), créateur de "Ciné-Revue" fut un intime de Walt Disney depuis
1946 jusqu'à son décès. Chaque année, il passait, chez lui, quelques jours de
vacances.
© Alexandre
Milhat pour Les Gens du Cinéma (Mis à jour 31/12/2006)
A partir de Mars 1936,
tous les dessins animés de Walt Disney sortiront en Technicolor
I – Films de Court Métrage :
● 1 – Les premiers Dessins Animés :
1922 – Little red riding hood : de
Walt Disney
The
four musicians of
Jack
and the Beanstalk : de Walt Disney
Goldie
locks and the three bears : de Walt Disney
Puss in boots : de Walt Disney
Tommy Tucker’s
tooth : de Walt Disney
Cinderella :
de Walt Disney
1923 – Martha : de Walt
Disney
●
2 – Alice in Cartoonland (première tentative de mélange de dessins animés et
d’un personnage humain) :
avec Virginia Davis dans le rôle d’Alice
1923 –
1924 –
Alice
and the dog catcher : de Walt Disney
Alice
the piper : de Walt Disney
1925 –
Alice
the toreador : de Walt Disney
Alice gets stung
: de Walt Disney
avec Margie Gay dans le rôle d’Alice
1925 –
1926 –
Alice in Slumberland : de Walt Disney
Alice the fire fighter : de Walt Disney
Alice
the lumberjack : de Walt Disney
1927 –
Alice’s auto race
: de Walt Disney
Avec
Lois Hardwick dans le rôle d’Alice
1927 – Alice’s circus daze : de
Walt Disney
●
3 – Mickey :
1928 – Steamboat Willie
Gallopin’
gaucho
○
avec Minnie
Plane crazy
○
Premier “Mickey” réalisé, mais projeté après les deux précédents
The barn dance
1929 – The opry house
○
Premier “Musical”
When
the cat’s away
The
barnyard battle
The
plow boy
The
karnival kid
Mickey’follies
Mickey’s
cho cho
The
jazz fool
Jungle
rhythm
The
haunted house
Wild
wawes
1930 – Just Mickey (Fiddlin’around)
The
barnyard concert
The
cactus kid
○
Premier “Western”
The
fire fighters
The
shindig
The
chain gang
The
gorilla mystery
The
picnic
Pioneer
days
1931 – The birthday party
Traffic
troubles
The
castaway
○
Inspiré par “Robinson Crusoé”
The
moose hunt
○
Première apparition de Pluto
The
delivery boy
Mickey
steps out
Blue
rhythm
○
Mickey imiteTed Lewis
Fishin’
around
○
avec Pluto
The
barnyard brodcast
The
beach party
○
avec Minnie, Pluto et Clarabelle
Mickey
cuts up
Mickey’s
orphans
1932 – The duck hunt
○
avec Pluto
The
grocery boy
The
mad dog
○ avec Pluto
Barnyard
olympics
Mickey’s revue
Musical farmer
Mickey
in
Mickey
nightmare
○ avec
Pluto
Trader Mickey
○
avec Pluto
The whoopee party
Touch
down Mickey
The
way-ward canary
○
avec Pluto
The
klondike kid