Walt DISNEY

 

 

 

Né à Chicago (Illinois, U.S.A.) le 05 Décembre 1901

Décédé à Burbank (Californie, U.S.A.) le 15 Décembre 1966,

            de complications à la suite d’une opération aux poumons

Inhumé au Forest Law Memorial Park, à Glendale (Californie, U.S.A.)

Vrai Nom : Walter Elias Disney

 

 

 

                          DISNEY L’ENCHANTEUR

 

                              Au pays de l’impossible Walt Disney était le roi ”

                                                                                                   Pierre Tchernia

 

 

Depuis plus d’un demi-siècle, le nom de Walt Disney – artiste démiurge au génie visionnaire et universel – demeure indissociable des plus grandes réussites du cinéma d’animation. L’immense popularité de ses premières créations (les immortels Mickey et Donald en tête) à l’échelle internationale lui a surtout permis de bâtir un empire commercial à nul autre pareil. Mais les cinéphiles du monde entier n’oublieront jamais qu’ils doivent avant tout à Walt Disney quelques-uns de leurs plus beaux souvenirs de jeunes (et moins jeunes!) spectateurs. Hommage…

 

 

Walter Elias Disney, dit Walt, voit le jour à Chicago (Illinois) le 5 décembre 1901. Signalons toutefois une controverse à ce sujet: ainsi, Walt Disney ne serait pas né – selon certaines sources – en 1901 mais onze ans auparavant, très précisément le 30 décembre 1890. Comme l’a fait remarquer André Siscot, il est possible qu’on ait donné à l’enfant, pour d’obscures raisons (familiales ou autres…), l’identité d’une personne décédée, née en 1890 et portant le nom de Walter Elias Disney! Quoi qu’il en soit, le voile ne semble guère devoir être levé sur ce mystère, dans la mesure où aucun document officiel (pas même son acte de mariage) ne fait mention de la date de naissance – réelle ou supposée – du “père” de Mickey Mouse.

 

                   Cet extrait de mariage est conforme à la copie de l'original en ma possession © Collection André SISCOT

 

Walt Disney est le quatrième fils d’Elias Disney [1859-1941], tour à tour fermier, mécanicien de chemin de fer et ouvrier dans le bâtiment,  et de Flora Call [1868-1938], ancienne institutrice. Suite à des difficultés financières, la famille Disney (qui compte, depuis 1903, un cinquième enfant) choisit de s’établir à Kansas City en 1910. Le jeune Walt y fréquentera le Kansas City Art Institute afin d’étudier le dessin. Alors que les troupes US se battent en Europe depuis 1917, Walt Disney parvient à se faire incorporer (en trichant sur son âge!) au sein d’une unité sanitaire de la Croix-Rouge américaine, où il servira - en France - de 1918 à 1919.

 

De retour aux États-Unis, Disney trouve un emploi dans un cabinet publicitaire et se lie d’amitié avec Ub Iwerks (1901-1971), qui deviendra bientôt son premier et plus fidèle collaborateur. C’est en effet avec ce dernier que Disney créé - dès 1920 - sa première société, baptisée Iwerks-Disney Commercial Artists. Sans succès. Par chance, les deux compères sont engagés par la Kansas City Film Advertising Company pour la réalisation de films d’animation publicitaires. Parallèlement, Disney confectionne plusieurs courts-métrages d’environ une minute pour le compte de la Newman Laugh-O-Gram.

 

A l’invitation de son frère Roy, Walt Disney se rend à Hollywood en 1923 et y fonde sa propre maison de production: Disney Brothers Studio (dont le nom sera plus tard changé en Walt Disney Studio [1926] puis Walt Disney Productions [1928]).

 

De 1923 à 1927, Disney supervise la série Alice in Cartoonland (totalisant une cinquantaine d’épisodes) où sont associés dessins animés et prises de vues réelles avec des comédiens. En juillet 1925, Disney établit ses studios au 2719 Hyperion Avenue (dans le district de Silver Lake, au sud d’Hollywood) : ils y demeureront jusqu’en 1941, date à laquelle le siège social sera transféré au 500 South Buena Vista Street, à Burbank (Californie). Dans la foulée, notre homme épouse Lillian Marie Bounds (1899-1997) - employée du studio en tant qu’intervalliste (chargée d’exécuter les dessins intermédiaires pour assurer un maximum de fluidité aux animations principales) - le 13 juillet 1925, à Lewiston (Idaho). Walt Disney et Lillian Bounds auront deux filles: Diane Marie (née en 1933) et Sharon Mae (1936-1993), adoptée par le couple en 1937.

 

         Ce serment de mariage conforme à l'original comporte la signature de l'époque de Walt Disney.  ©  Collection André SISCOT

 

L’activité artistique de Disney commence à s’intensifier. De 1927 à 1928, Ub Iwerks, Walter Lantz (futur créateur de Woody Woodpecker) et lui travaillent sur la série Oswald the Lucky Rabbit, récit des aventures d’un sympathique petit lapin évoquant Félix-le-chat et arborant gants blancs et rayures dorsales.

 

Universal Pictures détenant les droits d’exploitation de la série, Disney se voit contraint d’abandonner Oswald (qui survivra néanmoins jusqu’à l’aube des années 40) et perd la plupart de ses collaborateurs - parmi lesquels Fritz Freleng, Hugh Harman et Rudolph Ising - demeurés à l’Universal. Seul Iwerks et une poignée d’animateurs restent fidèles à Disney, qui cherche désormais à créer un tout nouveau héros capable de remplacer avantageusement Oswald.

 

L’anecdote veut que Walt Disney ait jeté l’ébauche de la plus célèbre souris anthropomorphique de l’histoire du dessin animé dans le train reliant New York à la Californie, en mars 1928. Ayant songé un moment à la baptiser Mortimer, Disney se laisse convaincre par son épouse de lui donner le nom de Mickey Mouse. Le personnage de Mickey apparaît tout d’abord dans deux cartoons muets (Plane Crazy, d’après l’épopée de Charles Lindbergh, suivi de Gallopin’ Gaucho, inspiré des exploits de Douglas Fairbanks). Mais la véritable consécration survient le 18 novembre 1928 avec la présentation - à New York - de  Steamboat Willie (Mickey, capitaine au long cours), premier dessin animé sonorisé, utilisant le procédé Movietone développé par RCA (Radio Corporation of America). Si le film a coûté trois fois plus cher qu’un cartoon muet standard, le succès de Mickey (dont la naissance s’accompagne de celles de Minnie et de Pat Hibulaire) est immédiat et sans précédent. Remarquablement animé par Ub Iwerks, Mickey (auquel Walt en personne prêtera sa voix jusqu’en 1947) ne tardera d’ailleurs pas à devenir l’emblème de la Maison Disney.

 

Avec Skeleton Dance (La Danse Macabre, 1929) - adaptation du poème symphonique homonyme de Camille Saint-Saëns, préfigurant Fantasia - Walt Disney inaugure la triomphale série des Silly Symphonies, grâce à laquelle il acquiert un prestige tel qu’aucun autre studio d’animation ne parvient à rivaliser avec le sien. En 1932, Disney révolutionne le dessin animé en utilisant pour la première fois la couleur dans Flowers and Trees (Symphonie du printemps), qui remporte l’Oscar du Meilleur Court-Métrage d’Animation, nouvellement décerné par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Six autres Oscars viendront récompenser - dans la même catégorie - le travail accompli par l’équipe Disney sur Les Trois Petits Cochons (The Three Little Pigs, 1933), The Tortoise and The Hare (1934), Three Orphan Kittens (1935), The Country Cousin (1936), Le Vieux Moulin (The Old Mill, 1937) et Ferdinand the Bull (1938), au cours de la décennie.

 

En 1937, pour les besoins de The Old Mill, Disney expérimente la coûteuse caméra Multiplane, grâce à laquelle il parvient à recréer l’illusion de la perspective, à travers des images animées en deux dimensions.

 

De 1930 à 1949, Disney produit une moyenne annuelle de dix-huit courts-métrages animés et invente toute une ménagerie de nouveaux personnages, tels le chien Pluto (apparu dans The Chain Gang, en 1930), Goofy (aperçu dans Mickey’s Revue [1932] sous le nom de Dippy Dawg) ou encore Donald Duck, irascible canard au costume de marin, conçu comme l’antithèse de Mickey (symbole de prudence, de gentillesse et de témérité).

 

Disney qui, au milieu des années 30, va effectuer un fructueux voyage à travers l’Europe (d’où il ramènera plusieurs centaines d’ouvrages, illustrés par Gérard Grandville, Gustave Doré ou Honoré Daumier), entreprend dès 1934 la réalisation de son premier dessin animé de long métrage, adapté du conte des frères Grimm : Blanche-Neige et les sept nains (Snow White and the Seven Dwarfs, 1937). Projet ambitieux qui coûtera la somme faramineuse - pour l’époque - d’un million cinq cent mille dollars…mais dont les recettes en première exploitation dépasseront les 66 millions de billets verts (pour finalement atteindre près de 185 millions, à la faveur des différentes ressorties). Public et critique ne manqueront pas de saluer l’extraordinaire qualité de l’animation, l’incomparable puissance dramatique de l’ensemble, ainsi que l’éclat des images (sublimées par un Technicolor flamboyant) et la splendide partition de Leigh Harline (gratifié, pour l’occasion, d’une nomination aux Oscars dans la catégorie «Meilleure Musique Originale»). Walt Disney se verra, quant à lui, attribuer un Academy Award à titre honorifique (reçu des mains de Shirley Temple et accompagné de sept petites statuettes, faisant référence aux fameux «nains»), avec cette mention spéciale du jury, qualifiant l’œuvre d’innovation indiscutable dans le domaine de la cinématographie, ayant charmé des millions de spectateurs et ayant ouvert au cinéma de vastes perspectives. D’une manière générale, Disney n’aura cessé de crouler sous les honneurs tout au long des années 30: à ses nombreux Oscars viennent en effet s’ajouter - durant la période 1935-36 - une Médaille spéciale de la Société des Nations (pour la création de Mickey) et la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. D’aucuns vont même jusqu’à prétendre qu’une audience papale lui aurait été accordée, ainsi que deux entrevues avec…Mussolini (cf. l’ouvrage d’Alessandro Barbera [Camerata Topolino. L’ideologia di Walt Disney, Rome, Stampa Alternativa, 2001], évoquant lesdites visites à Mussolini, les projections privées de ses films organisées par Hitler et Goebbels, la participation supposée de Disney à des réunions du parti nazi américain ou encore sa complicité avec le FBI de J. Edgar Hoover, dont il fut un informateur zélé durant les heures sombres du maccarthysme)!

 

Qui plus est, en homme d’affaires avisé, Walt Disney élargit son champ d’activités et multiplie les sources de revenus de sa société, grâce aux royalties perçues au titre des licences concédées et autres produits dérivés (journaux, BD,…).

 

La période précédant immédiatement la Seconde Guerre mondiale sera moins facile pour Disney. D’une part, les deux longs métrages animés qu’il met en chantier (Pinocchio [1940] et Fantasia [id.]) ne rencontrent pas le succès escompté.

 

Le premier - qui a mobilisé quelque 750 artistes et nécessité plus de deux années de préparation, pour un budget d’environ 3 millions de dollars - se révèle pourtant supérieur à Blanche-Neige sur le plan de l’animation et des décors (en dépit d’une regrettable propension au sentimentalisme): qu’il suffise de se remémorer la première séquence, offrant une superbe vision panoramique du village endormi de Gepetto, plongé dans la nuit étoilée. Deux Oscars («Meilleure Chanson» et «Meilleure Musique Originale») viendront toutefois récompenser le film en 1941.

 

Le second - porté aux nues trente ans plus tard - ne connaît qu’un succès mitigé à sa sortie. Œuvre inégale, Fantasia - sorte de « film-concert » illustrant quelques-uns des plus beaux morceaux de la musique classique - regorge néanmoins de moments anthologiques tels L’Apprenti sorcier (d’après le scherzo symphonique de Paul Dukas, arrangé par Leopold Stokowski), mettant en scène Mickey, Le Sacre du printemps (où la musique de Stravinski - qui ne manqua pas de critiquer l’orchestration de Stokowski - s’accompagne d’un ballet sur le thème de la « Création du monde »), sans oublier La Danse des heures de Ponchielli, irrésistible pièce chorégraphique - virtuose et parodique - pour autruches, hippopotames et orchestre! Las, la guerre faisant rage sur l’Ancien Continent, la fermeture de nombreux marchés européens compromet sérieusement les recettes de Pinocchio et de Fantasia.

 

D’autre part, les méthodes patronales employées par Disney mécontentent singulièrement ses collaborateurs, qui s’estiment - à raison - mal rétribués et revendiquent le droit de figurer au générique des films produits par le studio. Disney refusant de négocier un nouveau contrat avec ses animateurs et leur déniant la reconnaissance artistique à laquelle ils aspirent légitimement, ceux-ci déclenchent une grève en mai 1941, paralysant ainsi toutes les activités de la firme. L’Administration Roosevelt permet à Disney de ne pas perdre la face: invité par Nelson Rockefeller - alors Coordinateur du «Bureau des Affaires Interaméricaines» - à participer à une tournée des capitales sud-américaines (dans le cadre de la politique panaméricaine initiée par le Président Roosevelt), Disney accepte de jouer les ambassadeurs de luxe pendant que des médiateurs s’emploient à négocier avec les grévistes. Lorsque Disney s’en retourne aux États-Unis, les conflits sont aplanis pour de bon. Toutefois, c’en est désormais fini de l’ambiance chaleureuse qui avait jusque-là régné au sein du personnel des studios. En l’absence de Disney, Ben Sharpsteen et son équipe ont achevé la réalisation de Dumbo (1941), émouvante histoire d’un éléphanteau qui découvre qu’il peut voler grâce à ses grandes oreilles. Austérité financière oblige, le film (produit pour moins d’un million de dollars) ne s’impose assurément pas comme l’une des réussites majeures de Disney - nonobstant un succès commercial appréciable et la remise de l’Oscar de la «Meilleure Musique d’un Film Musical» en 1942 - pas plus d’ailleurs que Les Secrets de Walt Disney (The Reluctant Dragon, 1941), montage de dessins animés reliés par des scènes filmées dans les studios Disney. Plus préoccupant, Bambi (1942) - projet auquel Disney travaille depuis 1937, avant même la sortie de Blanche-Neige - ne rapporte que 3 millions de dollars lors de sa sortie en août 1942. Magistrale ode à la Nature - parcourue d’instants inoubliables (tels le combat des cerfs, nimbé par les teintes mordorés de l’automne, ou encore le spectaculaire incendie de forêt final,…) - le film est jugé trop mélancolique en ces temps de guerre.

 

Les finances de la firme (dont la raison sociale est désormais Walt Disney Productions Company) n’étant pas au beau fixe, Disney n’a d’autre choix que de produire des films de propagande destinés à soutenir «l’effort de guerre». Parmi les plus originaux, retenons avant tout l’excellent (et oscarisé!) Der Fuehrer’s Face (1943) - présenté comme un cauchemar de Donald, rêvant qu’il vit en plein cœur de l’Allemagne nazie - mais aussi Education for Death (1943) - surprenante parodie wagnérienne - et l’exceptionnel documentaire de dessin animé Victory Through Air Power (1943), d’une durée de 70 minutes.

 

D’après le matériel ramené d’Amérique du Sud, Disney réunit quatre courts-métrages animés, reliés par des documentaires en prises de vues réelles, sous le titre de Saludos Amigos (1943): le résultat n’offre malheureusement qu’un portrait inconsistant et stéréotypé d’une Amérique latine d’opérette. Dans le même esprit, The Three Caballeros (1945) et Song of the South (Mélodie du Sud, 1946) s’avéreront à peine plus supportables.

 

Si la fin de la Seconde Guerre mondiale coïncide avec un retour à l’équilibre financier des studios, les premières années de la Guerre froide révèlent, quant à elles, une facette peu glorieuse de la personnalité de Walt Disney. Alors que la psychose anticommuniste commence à secouer Hollywood, à travers la tristement célèbre Commission sénatoriale d’enquête sur les activités antiaméricaines [House Un-American Activities Committee (HUAC)], présidée par l’ultraconservateur J. Parnell Thomas, Walt Disney - à l’instar d’éminentes personnalités hollywoodiennes, telles Jack Warner, Adolphe Menjou, Louis B. Mayer, Robert Montgomery, Gary Cooper, Ronald Reagan ou Robert Taylor - apporte sans repentir son soutien aux suppôts de la «chasse aux sorcières». Le 24 octobre 1947, Walt Disney témoigne devant la Commission et s’emploie à dénoncer trois de ses anciens collaborateurs - Herbert K. Sorrell, David Hilberman et William Pomerance - qu’il estime être des sympathisants communistes. Tous trois démentiront par la suite les assertions de leur ancien employeur, dont les propos semblent à ce point incohérents qu’il devra bientôt se rétracter par télégramme!

 

                                      Walt Disney et Joe van COTTOM lors de leur première rencontre en 1946

© Joe van COTTOM avec l'autorisation de sa fille.

 

Toujours prompt à diversifier ses activités, Disney entreprend de développer une série de documentaires sur la vie animale (True-Life Adventures [C’est la vie, 1949-1960]) et les peuples du monde (People and Places [Le Monde et ses Habitants, 1953-1960]).

 

Avec Cendrillon (Cinderella, 1950), adapté du célébrissime conte de Charles Perrault, les studios Disney livrent leur premier véritable long métrage depuis Bambi tout en affichant la volonté de revenir aux fastes féeriques de Blanche-Neige. Le triomphe est au rendez-vous. Il en ira de même avec Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland, 1951), savoureuse transposition de l’univers absurde et inquiétant de Lewis Carroll, Peter Pan (1953), aimable «trahison» de l’œuvre de James Matthew Barrie et La Belle et le Clochard (Lady and the Tramp, 1955), première tentative de long métrage animé en CinémaScope.

 

Fort de ces succès, Disney se lance dans la production d’œuvres cinématographiques à part entière, certaines d’entre elles constituant des montages d’épisodes de séries télévisées (Zorro, Davy Crockett,…). Citons notamment : L’Ile au trésor (Treasure Island, 1950) de Byron Haskin, Robin des Bois et ses joyeux compagnons (The Story of Robin Hood and His Merrie Men, 1952) de Ken Annakin, Vingt Mille Lieues sous les mers (20000 Leagues Under the Sea, 1954) de Richard Fleischer, Échec au Roi (Rob Roy, 1953) de Harold French, Davy Crockett, roi des trappeurs (Davy Crockett, King of the Wild Frontier, 1955) et Davy Crockett et les pirates (Davy Crockett and the River Pirates, 1956) de Norman Foster, L’Infernale poursuite (The Great Locomotive Chase, 1956) de Francis D. Lyon, Le Fidèle Vagabond (Old Yeller, 1957), Darby O’Gill et les Farfadets (Darby O’Gill and the Little People, 1959), L’enlèvement de David Balfour (Kidnapped, 1960), tous trois de Robert Stevenson, Signé Zorro (The Sign of Zorro, 1958) de Lewis R. Foster et Norman Foster, Zorro, the Avenger (1959) de Charles Barton, Les Robinsons des mers du Sud (Swiss Family Robinson, 1960) de Ken Annakin, Mary Poppins (1964) et L’Espion aux pattes de velours (That Darn Cat, 1965) de l’inusable Robert Stevenson, auteur à lui seul de quelque dix-neuf longs métrages pour le compte des studios Disney!

 

Dans les années 50, Walt Disney parvient enfin à concrétiser l’un de ses plus vieux rêves: la création d’un parc de loisirs, baptisé Disneyland. Situé près d’Anaheim (Californie) et inauguré le 17 juillet 1955, Disneyland constitue à la fois le premier parc à thèmes de la firme mais aussi - et surtout - l’un des premiers du genre! Le succès de l’entreprise ne se démentira jamais, Disneyland ayant attiré à ce jour plus d’un demi milliard de visiteurs, venus du monde entier.

 

           Joe van COTTOM et Walt DISNEY dans la propriété de ce dernier … sur le train miniature. Un avant goût de Disneyland.

© Joe van COTTOM avec l'autorisation de sa fille

 

Cinéma, télévision, parc d’attractions…autant d’activités lucratives entraînant une sensible diminution de la production de dessins animés. Quatre ans après La Belle et le Clochard, Disney produit et distribue La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty, 1959), qui se solde par un cuisant échec commercial. Tourné en Super Technirama 70 mm pour une somme avoisinant les 6 millions de dollars, La Belle au bois dormant est aussi le dernier long métrage animé dont les dessins sont encore reproduits à la main sur Rhodoïd (matière thermoplastique à base d’acétate de cellulose, analogue au Celluloïd), procédé par trop onéreux. Pour son film suivant, Les 101 Dalmatiens (101 Dalmatians, 1961), Disney opte pour le système «Xerox» de photocopie des dessins, réduisant ainsi de deux millions de dollars les coûts de production par rapport au précédent long métrage. Les 101 Dalmatiens connaissent un immense succès de par le monde, faisant rapidement oublier la déconvenue de La Belle au bois dormant. A telle enseigne que les aventures des fameux chiens tachetés se classent, aujourd’hui encore, parmi les 200 plus grosses recettes de l’histoire du box-office américain.

 

Plus modeste, en revanche, sera l’audience de Merlin l’enchanteur (The Sword in the Stone, 1963) qui, tout en ne manquant pas d’intérêt, semble résolument filmé à l’économie.

 

Si l’empire Disney se porte comme un charme, il n’en va pas de même de son créateur, qui souffre d’une toux rauque persistante depuis plusieurs années. Travailleur acharné, Walt Disney se lance à corps perdu dans son ultime projet, dénommé EPCOT (Experimental Prototype Community Of Tomorrow), sorte de «cité idéale» sans crime ni misère, censée surpasser Disneyland.

 

Walt Disney ne vivra pas assez longtemps pour relever ce nouveau défi, pas plus que pour assister au triomphe du dernier film qu’il a produit : Le Livre de la jungle (The Jungle Book, 1967). Au cours de l’été 1966, les médecins lui découvrent une tumeur cancéreuse au poumon gauche. Sa santé se détériore très rapidement. Le 15 décembre 1966, Walt Disney s’éteint à l’Hôpital St. Joseph de Burbank (en face de ses propres studios), à l’âge de soixante-cinq ans. Incinéré, ses cendres reposeront au Forest Lawn Memorial Park de Glendale (Californie). C’est à Roy O. Disney, frère aîné et partenaire financier privilégié de Walt Disney depuis 1923, que revient logiquement la charge de diriger la compagnie, dont il assurera la présidence jusqu’à sa mort en 1971.

 

La dernière rencontre de deux grands amis. C'était en 1966 quelques mois avant le décès de Walt Disney.

© Joe van COTTOM avec l'autorisation de sa fille

 

Véritable mythe labellisé, Walt Disney - par delà les sentiments de fascination/répulsion qu’il inspire aux uns ou aux autres - s’est à la fois imposé comme l’un des pionniers de l’animation, dont les innovations artistiques et techniques ont marqué durablement la production cinématographique américaine, mais aussi comme l’une des figures incontournables - et immortelles! - de l’industrie hollywoodienne et de la culture populaire occidentale. Ainsi que l’a justement fait remarquer Richard Williams, lauréat d’un Oscar pour l’animation de A Christmas Carol (1971): «  …tout animateur a contracté une grosse dette à l’égard de Walt Disney. Même ceux qui détestent aussi bien le contenu que le style des films produits par sa compagnie doivent admettre que ceux-ci constituent le meilleur de tout ce qui pouvait se faire dans le genre. Certes, Walt Disney n’inventa pas le dessin animé mais il le perfectionna et en fit un produit hautement sophistiqué ».

 

Avec nos remerciements à Rolande van COTTOM qui nous a permis de publier ces documents photographiques extraits du livre de son papa "Walt Disney, Mon ami".

Il est a noter, que Joe (ami d'André Siscot), créateur de "Ciné-Revue" fut un intime de Walt Disney depuis 1946 jusqu'à son décès. Chaque année, il passait, chez lui, quelques jours de vacances.

 

© Alexandre Milhat pour Les Gens du Cinéma (Mis à jour 31/12/2006)

 

    

FILMOGRAPHIE

 

                                        A partir de Mars 1936, tous les dessins animés de Walt Disney sortiront en Technicolor

 

I – Films de Court Métrage :

 

                ● 1 – Les premiers Dessins Animés :

 

1922  Little red riding hood : de Walt Disney

                The four musicians of Bremen : de Walt Disney

                Jack and the Beanstalk : de Walt Disney

                Goldie locks and the three bears : de Walt Disney

                Puss in boots : de Walt Disney

                Tommy Tucker’s tooth : de Walt Disney

                Cinderella : de Walt Disney

1923  Martha : de Walt Disney

 

                ● 2 – Alice in Cartoonland (première tentative de mélange de dessins animés et d’un personnage humain) :

                                                               avec Virginia Davis dans le rôle d’Alice

 

1923   Alice’s wonderland : de Walt Disney

1924  Alice’s day at the sea : de Walt Disney

                Alice’s spooky adventure : de Walt Disney

                Alice’s fishy story : de Walt Disney

                Alice and the dog catcher : de Walt Disney

                Alice huntinf in Africa : de Walt Disney

                Alice and the three bears : de Walt Disney

                Alice the piper : de Walt Disney

1925  Alice cans the cannibals : de Walt Disney

                Alice the toreador : de Walt Disney

                Alice gets stung : de Walt Disney

 

                                                               avec Margie Gay dans le rôle d’Alice

 

1925  Alice solves the puzzle : de Walt Disney

                Alice loses out : de Walt Disney

                Alice wins the derby : de Walt Disney

                Alice is stage struck : de Walt Disney

                Alice plays cupid : de Walt Disney

                Alice picks the champ : de Walt Disney

                Alice’s Tin Pony : de Walt Disney

1926  Alice rattled by rats : de Walt Disney

                Alice’s little parade : de Walt Disney

                Alice’s balloon race : de Walt Disney

                Alice’s ornery orphan : de Walt Disney

                Alice charms the fish : de Walt Disney

                Alice’s monkey business : de Walt Disney

                Alice in Slumberland : de Walt Disney

                Alice the fire fighter : de Walt Disney

                Alice cuts the ice : de Walt Disney

                Alice helps the romance : de Walt Disney

                Alice’s spanish guitar : de Walt Disney

                Alice’s brown derby : de Walt Disney

                Alice the lumberjack : de Walt Disney

1927  Alice the golf bug : de Walt Disney

                Alice foils the pirates : de Walt Disney

                Alice at the Carnival : de Walt Disney

                Alice at the rodeo : de Walt Disney

                Alice the collegiate : de Walt Disney

                Alice in the Alps : de Walt Disney

                Alice’s auto race : de Walt Disney

 

                                                               Avec Lois Hardwick dans le rôle d’Alice

 

1927  Alice’s circus daze : de Walt Disney

                Alice’s knaughty knight : de Walt Disney

                Alice’s three bad eggs : de Walt Disney

                Alice’s picnic : de Walt Disney

                Alice’s channel swim : de Walt Disney

                Alice in the klondike : de Walt Disney

                Alice’s medicine show : de Walt Disney

                Alice the beach nut : de Walt Disney

                Alice in the big league : de Walt Disney

 

                ● 3 – Mickey :

 

1928  Steamboat Willie

                Gallopin’ gaucho

                                               ○ avec Minnie

                Plane crazy

                                               ○ Premier “Mickey” réalisé, mais projeté après les deux précédents

                The barn dance

1929  The opry house

                               ○ Premier “Musical”

                When the cat’s away

                The barnyard battle

                The plow boy

                The karnival kid

                Mickey’follies

                Mickey’s cho cho

                The jazz fool

                Jungle rhythm

                The haunted house

                Wild wawes

1930  Just Mickey (Fiddlin’around)

                The barnyard concert

                The cactus kid

                                               ○ Premier “Western”         

                The fire fighters

                The shindig

                The chain gang

                The gorilla mystery

                The picnic

                Pioneer days

1931  The birthday party

                Traffic troubles

                The castaway

                                               ○ Inspiré par “Robinson Crusoé”

                The moose hunt

                                               ○ Première apparition de Pluto

                The delivery boy

                Mickey steps out

                Blue rhythm

                                               ○ Mickey imiteTed Lewis

                Fishin’ around

                                               ○ avec Pluto

                The barnyard brodcast

                The beach party

                                               ○ avec Minnie, Pluto et Clarabelle

                Mickey cuts up

                Mickey’s orphans

1932  The duck hunt

                                               ○ avec Pluto

                The grocery boy

                The mad dog

                                               avec Pluto

                Barnyard olympics

                Mickey’s revue

                Musical farmer

                Mickey in Arabia

                Mickey nightmare

                                               ○ avec Pluto

                Trader Mickey

                                               ○ avec Pluto

                The whoopee party

                Touch down Mickey

                The way-ward canary

                                               ○ avec Pluto

                The klondike kid