HUBERT  DESCHAMPS

 

 

Vrai nom : Hubert Louis Marie Deschamps.

Né à Paris (7ème) le 13 septembre 1923.

Décédé à Paris (1er) le 29 décembre 1998.

 

 

Hubert DESCHAMPS

Souvenirs de Stéphan Guérard

L’une de mes grandes émotions, c’est lorsque le comédien Hubert Deschamps, l’une des « figures » marquantes du cinéma français, éternel second rôle mais toujours aussi efficace (« Le tatoué », Les sous-doués », « Inspecteur la bavure », « Association des malfaiteurs ») m’a téléphoné, en 1996, désespéré car il venait de tout perdre dans un incendie. Je l’avais déjà eu au téléphone auparavant. Sa maison avait brûlé à cause d’un court circuit qui avait mis le feu. A un moment il s’est mis à pleurer, j’étais gêné, je ne savais pas quoi lui dire pour lui remonter le moral. Ce n’est pas évident. J’ai été très étonné de ses confidences. Pourquoi à moi? Disons sans doute qu’il m’aimait bien. Je me souviens très bien de ses paroles: « Je vis une vie de patachon et suis très malheureux! J’ai perdu toutes mes affaires de ma vie! Tout a brûlé! Je n’ai plus rien! J’ai réussi à me reloger chez mon frère, qui est mort en plus deux mois juste après ce feu ». Il y a eu en plus des « vautours » qui ont volé le peu qu’il lui restait après le drame. Hubert Deschamps était de plus un grand collectionneur d’objets et tenait tout particulièrement à ses soldats de plomb. Il aimait l’histoire et était royaliste. D’ailleurs il participait à Paris, tout comme Louis de Funès, à l’anniversaire de la mort de Louis XVI, à l’église Saint-Germain l’Auxerrois.

Il m’avait raconté qu’un ami à lui, le comédien Jacques Jouanneau, avait également tout perdu dans un incendie et lui avait dit: « Tu verras si ça t’arrive un jour c’est terrible! ». Ses amis l’ont un peu aidé. Jean-Paul Belmondo a invité Hubert Deschamps à dîner et lui a dit que si il avait besoin de quoi que ce soit: des habits, etc… il était là. Et a été très touché du geste de Claude Rich qui lui a fait un chèque.

Hubert Deschamps avait en plus des ennuis de santé. Il avait beaucoup de difficultés à marcher. Il avait été blessé gravement à la jambe en 1945 à la bataille de Royan. Il était dans la division Leclerc! Les douleurs s’étaient calmées et puis ça s’est aggravé. Il m’avait raconté qu’il suivait un traitement. Il lui est arrivé beaucoup de drames dans sa vie, mais ne voulait pas passer pour un pleurnicheur. Lui qui était si drôle au cinéma, en avait terriblement marre de la vie. Il voyait tout en noir. Il avait quand même tout perdu dans ce feu. « Heureusement que j’ai la foi! Si je n’étais pas croyant ce sont des choses à se suicider ça » me disait-il. Et de continuer: « Je suis content de parler avec vous. J’espère qu’un jour on se verra ». Mais on ne s’est jamais rencontré. Hubert Deschamps est décédé en janvier 1999 d’une crise cardiaque. Lorsque je lui disais que je l’adorais dans tant de films, il me rétorquait: « Je ne suis quand même pas Gabin! ».

 

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1950  La rue sans loi, de Marcel Gibaud, avec Gabriello.

          Quai de Grenelle, d'Emile-Edwin Reinert, avec Henri Vidal.

          Atoll K, de Léo Joannon, avec Laurel et Hardy.

          Bertrand Coeur de Lion, de et avec Robert Dhéry.

1951  Le dictionnaire des pin-up girls, court métrage de Marcel Gibaud.

1952  Les bonnes manières, court métrage d'Yves Robert. 

          Les amours finissent à l'aube, de Henri Calef, avec Georges Marchal.

1953  Les hommes ne pensent qu'à ça, d'Yves Robert, avec Louis de Funès.

          Escale à Orly, de Jean Dréville, avec Dany Robin.

          Venise, court métrage de Pierre Kast.

          A nous deux, Paris, court métrage de Pierre Kast.

1954  French Cancan, de Jean Renoir, avec Jean Gabin.

          Les impures, de Pierre Chevalier, avec Micheline Presle.

          Papa, maman, la bonne et moi, de Jean-Paul Le Chanois, avec Robert Lamoureux.

1956  Courte-tête, de Norbert Carbonnaux, avec Fernand Gravey.

          Fernand cow-boy, de Guy Lefranc, avec Fernand Raynaud.

          Comme un cheveu sur la soupe, de Maurice Régamey, avec Louis de Funès.

          Nous autres à Champignol, de Jean Bastia, avec Jean Richard.

1957  L'ami de la famille, de Jack Pinoteau, avec Darry Cowl.

          Les espions, de Henri-Georges Clouzot, avec Curd Jürgens.

          A pied, à cheval et en voiture, de Maurice Delbez, avec Noël-Noël.

          Fernand clochard, de Pierre Chevalier, avec Fernand Raynaud.

          Amour de poche, de Pierre Kast, avec Jean Marais

          Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, avec Maurice Ronet.

          En bordée, de Pierre Chevalier, avec Jean Richard.

1958  Messieurs les Ronds de Cuir, de Henri Diamant-Berger, avec Pierre Brasseur.

          Les surmenés, court métrage de Jacques Doniol-Valcroze.

          Le Sicilien, de Pierre Chevalier, avec Fernand Raynaud.

          Les motards, de Jean Laviron, avec Roger Pierre.

          Bobosse, d'Etienne Périer, avec François Périer.

1959  La marraine de Charley, de Pierre Chevalier, avec Fernand Raynaud.

          Les affreux, de Marc Allégret, avec Pierre Fresnay.

          Pantalaskas, de Paul Paviot, avec Bernard Lajarrige.

          Le travail, c'est la liberté, de Louis Grospierre, avec Raymond Devos.

          Meurtre en 45 tours, d'Etienne Périer, avec Danielle Darrieux.

          La corde raide, de Jean-Charles Dudrumet, avec Annie Girardot.

          La millième fenêtre, de Robert Ménégoz, avec Jean-Louis Trintignant.

1960  Zazie dans le métro, de Louis Malle, avec Philippe Noiret.

          La famille Fenouillard, d'Yves Robert, avec Sophie Desmarets.

          La peau et les os, de Jean-Paul Sassy, avec Juliette Mayniel.

1961  L'affaire Nina B., de Robert Siodmak, avec Nadja Tiller.

          Auguste, de Pierre Chevalier, avec Fernand Raynaud.

          Les livreurs, de Jean Girault, avec Darry Cowl.

          Une blonde comme ça, de Jean Jabely, avec Taïna Béryll.

1962  Tartarin de Tarascon, de et avec Francis Blanche.

          Janine, court métrage de Maurice Pialat.

          Les quatre vérités, sketch "Le corbeau et le renard", de Hervé Bromberger, avec Jean Poiret.

          Arsène Lupin contre Arsène Lupin, d'Edouard Molinaro, avec Jean-Claude Brialy.

          Les bonnes causes, de Christian-Jaque, avec Pierre Brasseur.

1963  A toi de faire, mignonne, de Bernard Borderie, avec Eddie Constantine.

          Le feu follet, de Louis Malle, avec Jeanne Moreau.

          La bonne soupe, de Robert Thomas, avec Annie Girardot.

          Des pissenlits par la racine, de Georges Lautner, avec Mireille Darc.

          Les durs à cuire, de Jack Pinoteau, avec Roger Pierre.

1964  Les Barbouzes, de Georges Lautner, avec Lino Ventura.

          La chance et l'amour, sketch "La chance du guerrier", de Claude Berri, avec Francis Blanche.

          Un monsieur de compagnie, de Philippe de Broca, avec Jean-Pierre Cassel.

          Patate, de Robert Thomas, avec Jean Marais.

          Aurélia ou la descente aux enfers, moyen métrage d'Anne Dastrée.

          Les copains, d'Yves Robert, avec Pierre Mondy.

          La corde au cou, de Joseph Lisbona, avec Dany Robin.

          Moi et les hommes de quarante ans, de Jack Pinoteau, avec Dany Saval.

1965  Les bons vivants, sketch "Les bons vivants", de Georges Lautner, avec Louis de Funès.

          L'or du duc, de Jacques Baratier, avec Danielle Darrieux.

          Le dimanche de la vie, de Jean Herman, avec Danielle Darrieux.

1966  Bang-bang, de Serge Piollet, avec Sheila.

1968  Le tatoué, de Denys de La Patellière, avec Jean Gabin.

1969  Un merveilleux parfum d'oseille, de Renaldo Bassi, avec Jean Carmet.

1970  Macédoine, de Jacques Scandelari, avec Michèle Mercier.

          Comptes à rebours, de Roger Pigaut, avec Serge Reggiani.

1971  L'ingénu, de Norbert Carbonnaux, avec Renaud Verley.

1972  Trop jolies pour être honnêtes, de Richard Balducci, avec Bernadette Lafont.

          Na !, de Jacques Martin, avec Danièle Evenou.

1973  Le magnifique, de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo.

          Les Gaspards, de Pierre Tchernia, avec Michel Serrault.

          La gueule ouverte, de Maurice Pialat, avec Nathalie Baye.

          Gross Paris, de Gilles Grangier, avec Roger Pierre.

1974  Le trio infernal, de Francis Girod, avec Romy Schneider.

          Zig-Zig, de Lazlo Szabo, avec Catherine Deneuve.

          La soupe froide, de Robert Pouret, avec Christine Laurent.

          Sérieux comme le plaisir, de Robert Benayoun, avec Jane Birkin.

          Le mâle du siècle, de et avec Claude Berri.

          Soldat Duroc, ça va être ta fête, de Michel Gérard, avec Pierre Tornade.

          Au suivant, court métrage d'Ariel Zeitoun.

1975  C'est dur pour tout le monde, de Christian Gion, avec Bernard Blier.

          Chobizenesse, de et avec Jean Yanne.

          On a retrouvé la 7ème compagnie, de Robert Lamoureux, avec Pierre Mondy.

1976  Bartleby, de Maurice Ronet, avec Maurice Biraud.

1977  Tendre poulet, de Philippe de Broca, avec Annie Girardot.

          Solveig et le violon turc, de Jean-Jacques Grand-Jouan, inédit.

          La zizanie, de Claude Zidi, avec Louis de Funès.

1978  Démon de midi, de Christian Paureilhe, avec Pierre Mondy.

          Coup de tête, de Jean-Jacques Annaud, avec Patrick Dewaere.

1979  Rue du Pied-de-Grue, de Jean-Jacques Grand-Jouan, avec Philippe Noiret.

          Les sous-doués, de Claude Zidi, avec Daniel Auteuil.

1980  La banquière, de Francis Girod, avec Romy Schneider.

          T'inquiète pas, ça se soigne, d'Eddy Matalon, avec Jean-Michel Dupuis.

          Inspecteur la Bavure, de Claude Zidi, avec Coluche.

          L'amour trop fort, de Daniel Duval, avec Marie-Christine Barrault.

          Les surdoués de la 1ère compagnie, de Michel Gérard, avec Darry Cowl.

          Pourquoi pas nous ? , de Michel Berny, avec Dominique Lavanant.

1981  San Antonio ne pense qu'à ça, de Joël Séria, avec Pierre Doris.

          Les sous-doués en vacances, de Claude Zidi, avec Daniel Auteuil.

          Prends 10.000 balles et casse-toi, de Mahmoud Zemmouri, avec Fawzi.

          Salut j'arrive, de Gérard Poteau, avec Michel Galabru.

1982  Ça va faire mal , de Jean-François Davy, avec Daniel Ceccaldi.

          Prends ton passe-montagne, on va à la plage, d'Eddy Matalon, avec Daniel Prévost.

          Ça va pas être triste, de Pierre Sisser, avec Darry Cowl.

1983  Garçon !, de Claude Sautet, avec Yves Montand.

          Un bon petit diable, de Jean-Claude Brialy, avec Alice Sapritch.

1984  L'été prochain, de Nadine Trintignant, avec Jean-Louis Trintignant.

          Vive le fric, de Raphaël Delpard, avec Daniel Prévost.

          Tranches de vie, de François Leterrier, avec Gérard Jugnot.

          Adieu Blaireau, de Bob Decout, avec Annie Girardot.

          Y'a pas le feu, de Richard Balducci, avec Henri Genès.

1986  Association de malfaiteurs, de Claude Zidi, avec Christophe Malavoy.

          Mona et moi, de Patrick Grandperret, avec Denis Lavant.

          La septième dimension, de Laurent Dussaux, avec Jean-Michel Dupuis.

1987  Bonjour l'angoisse, de Pierre Tchernia, avec Michel Serrault.

          En silence, court métrage de Benoît Pfauvadel. 

          A notre regrettable époux, de Serge Korber, avec Jacqueline Maillan.

1988  Corps z'a corps, d'André Halimi, avec Stéphane Audran.

          A deux minutes près, d'Eric Le Hung, avec Jacques Weber.

1989  Un jeu d'enfant, de Pascal Kané, avec Dominique Lavanant.

1992  L'inconnu dans la maison, de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo.

1993  Les pieds sous la table, court métrage de Marc-Henri Dufresne et François Morel.

1998  Le voyage à Paris, de Marc-Henri Dufresne, avec Micheline Presle.

 

© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français disparus.