CHARLES DENNER
Portait
son vrai nom.
Né à Tarnow
(Pologne) le 28 mai 1926.
Décédé à
Dreux (Eure-et-Loir) le 10 septembre 1995.
Inhumé au
cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine).
D'origine polonaise, Charles
arrive en France avec ses parents, Joseph et Jenta Denner, à l'âge de quatre
ans.
A 19 ans, dès la fin de ses
études, il entre chez Charles Dullin tout en perpétuant la profession
paternelle : tailleur.
Il mène ces deux activités
en parallèle, mais met les bouchées double, pour l'apprentissage du seul métier
qui lui convienne : comédien.
Il se produit dans quelques
pièces au Théâtre de l'Atelier dont Volpone de Ben Jonson.
Trois ans plus tard,
remarqué par Jean Vilar alors qu'il joue un clown dans Les mamelles de Tirésias
de Guillaume Apollinaire, il suit le célèbre metteur en scène pour la grande
aventure du Théâtre National Populaire.
Il y côtoie Gérard Philipe,
Georges Wilson et Jeanne Moreau.
Son palmarès théâtral est d'une
grande qualité, y figurent entre autres : Le Cid de Corneille, La machine infernale de Jean Cocteau, L'idiot
et Les possédés de Dostoïevski, Arturo Ui et Tambour dans
la nuit de Bertolt Brecht, Les rustres de Carlo Goldoni, etc.
Il débute au cinéma en 1954,
mais doit attendre 1962 pour connaître la reconnaissance du public avec Landru,
comédie noire s'il en est, réalisée par Claude Chabrol.
A partir de là, ses
contributions pour le septième art seront remarquées et fort justement
appréciées.
Costa-Gavras l'engage pour Compartiments
tueurs et surtout pour Z où Denner y incarne Manuel, l'ami du
pacifiste assassiné interprété par Yves Montand. Ce film obtient le prix du Jury du Festival
de Cannes en 1969.
François Truffaut l'appelle
une première fois pour être l'une des victimes de la diabolique Jeanne Moreau
dans La mariée était en noir.
Ensuite, il en fait un
puceau succombant aux charmes provocants de Bernadette Lafont dans Une belle
fille comme moi.
Enfin, avec L'homme qui
aimait les femmes, le cinéaste lui offre son meilleur rôle, celui d'un
séducteur fétichiste, de surcroît fort attendrissant.
Claude Lelouch, fidèle dans
le métier comme en amitié, l'engage pour cinq films dont L'aventure c'est
l'aventure. Ce film conte l'histoire
de cinq malfrats s'attaquant de désopilante façon au monde politique.
Ensuite, avec Jacques
Villeret, il est l'un des Robert et Robert, où sa composition d'écorché
vif est particulièrement touchante et convaincante.
En 1986, il tourne son
dernier film pour la réalisatrice belge Chantal Ackerman.
Atteint d'un cancer à la
gorge qui le contraint à un exil définitif des plateaux, il se retire dans sa
paisible retraite de Romainvilliers, un petit village situé à une quinzaine de
kilomètres de Dreux.
Là, entouré de l'affection
des siens, de sa femme Monique Voirriot et de ses deux enfants, il fait
courageusement face à la maladie.
Il succombe finalement neuf
ans plus tard à l'Hôpital Général de
Dreux.
Il était intègre et exigeant
dans l'approche de son métier.
Son regard surtout,
perpétuellement inquiet et fiévreux
reste dans nos mémoires.
Son singulier magnétisme,
aussi.
FILMOGRAPHIE
1951 Avignon, bastion de la Provence, court
métrage de James Cuénet, uniquement narration.
1954 Poisson d'avril, de Gilles Grangier, avec
Bourvil.
Les hommes en blanc, de Ralph Habib,
avec Jeanne Moreau.
1955 La meilleure part, d'Yves Allégret, avec
Gérard Philipe.
1957 Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle,
avec Jeanne Moreau.
1962 Landru, de Claude Chabrol, avec Michèle
Morgan.
1963 La vie à l'envers, d'Alain Jessua, avec Anna
Gaylor.
Les plus belles escroqueries du
monde, sketch "Marrakech", de Jean-Luc Godard, coupé
au montage.
1964 Les Pieds Nickelés, de Jean-Claude Chambon,
avec Micheline Presle.
Compartiments tueurs, de
Costa-Gavras, avec Simone Signoret.
L'aube des damnés, d'Ahmed Rachedi,
uniquement narration.
Mata-Hari, agent H 21, de
Jean-Louis Richard, avec Jeanne Moreau.
1965 Marie-Chantal contre docteur Kah, de Claude
Chabrol, avec Marie Laforêt.
1966 Rouli-roulant, court métrage de Claude Jutra,
uniquement narration.
Le vieil homme et l'enfant, de Claude
Berri, avec Michel Simon.
Yul 871, de Jacques Godbout, avec
Andrée Lachapelle.
Le voleur, de Louis Malle, avec
Jean-Paul Belmondo.
1967 La mariée était en noir, de François
Truffaut, avec Jeanne Moreau.
Héraclite l'obscur, court métrage de
Patrick Deval, uniquement narration.
1968 Z , de Costa-Gavras,
avec Yves Montand.
Le corps de Diane, de Jean-Louis
Richard, avec Jeanne Moreau.
La trêve, de Claude Guillemot, avec
Daniel Gélin.
1970 Le voyou, de Claude Lelouch, avec Judith
Magre.
Les mariés de l'an II, de Jean-Paul
Rappeneau, avec Jean-Paul Belmondo.
Les assassins de l'ordre, de Marcel
Carné, avec Jacques Brel.
1971 L'aventure c'est l'aventure, de Claude
Lelouch, avec Jacques Brel.
1972 Un officier de police sans importance, de
Jean Larriaga, avec Robert Hossein.
Une belle fille comme moi, de
François Truffaut, avec Bernadette Lafont.
1973 L'héritier, de Philippe Labro, avec Jean-Paul
Belmondo.
Défense de savoir, de Nadine Trintignant, avec
Jean-Louis Trintignant.
Les Gaspards, de Pierre Tchernia,
avec Michel Serrault.
1974 Vous ne l'emporterez pas au paradis, de
François Dupont-Midy, avec Micheline
Luccioni.
Peur sur la ville, de Henri Verneuil,
avec Jean-Paul Belmondo.
Toute une vie, de Claude Lelouch,
avec Marthe Keller.
1976 Mado, de Claude Sautet, avec Michel Piccoli.
Si c'était à refaire, de Claude
Lelouch, avec Catherine Deneuve.
La première fois, de Claude
Berri, avec Alain Cohen.
1977 L'homme qui aimait les femmes, de François
Truffaut, avec Brigitte Fossey.
1978 La Verdad sobre el caso Savolta / L'affaire Savolta,
d'Antonio Drove, avec Stefania Sandrelli.
Robert et Robert, de Claude Lelouch,
avec Jacques Villeret.
1980 Le coeur à l'envers, de Franck Apprederis,
avec Annie Girardot.
1981 Mille milliards de dollars, de Henri
Verneuil, avec Patrick Dewaere.
1982 L'honneur d'un capitaine, de Pierre
Schoendoerffer, avec Nicole Garcia.
1982 Le préféré – Rock'n
Torah, de Marc-André Grynbaum, avec Rosy Varte.
Stella, de Laurent Heynemann, avec
Nicole Garcia.
1985 L'unique, de Jérôme Diamant-Berger, avec
Julia Migenes.
1986 Golden eighties, de Chantal Ackerman, avec Delphine Seyrig.
© Yvan FOUCART –
Dictionnaire des Comédiens Français disparus.