Philippe CASTELLI

 

Né le 8 Juin 1925 à Chaville (Département de la Seine [aujourd'hui Département des Hauts-de-Seine], Région Île-de-France, France)

Décédé le 16 Avril 2006 à Paris (Département de la Ville de Paris, Région Île-de-France, France)

Inhumé au Cimetière de Montmartre, Paris, IXe Arrdt.

Nom de Naissance : Philippe Charles Louis CASTELLI.

 

 

ACTEUR FRANÇAIS

 

 

BIOGRAPHIE

 

        "Oh ! J'ai une histoire... !" Cette litanie, prononcée selon un débit volontairement traînant et monocorde, annonçait imanquablement une devinette, dont la drôlerie relevait moins de la chute, souvent attendue (ainsi : "Quel est le comble de la déshydratation ?... C'est de faire pipi en poudre"), que de la dégaine chaloupée de son auteur....

 

       Le front haut et brillant, le crâne poli, les lunettes carrées cerclant un air triste de chien battu, la silhouette longiligne et dégingandée, le geste emprunté, Philippe CASTELLI avait l'âge incertain : en effet, pendant près d'un demi-siècle, il a promené le même œil goguenard sur les écrans des salles obscures, campant avec résignation aussi souvent que nécessaire les sempiternels emplois de maître d'hôtel, de gardien de la paix, d'huissier et de concierge, que les metteurs en scène - peu inspirés, semble-t-il - avaient coutume de lui soumettre...

 

       Pourtant, ce titi parisien pure souche - il était né le 8 juin 1925 à Chaville (Hauts-de-Seine) - avait la distinction physique suffisante pour intégrer l'aréopage d'un cabinet ministériel et le flegme subtilement britannique d'un autochtone de la perfide Albion (il a d'ailleurs fait partie de la distribution hétéroclite de "La Nuit des généraux [The Night Of The Generals] d'Anatole LITVAK en 1967) qui auraient pu lui permettre de composer des rôles plus étoffés que les lieux communs qu'on lui fît le plus souvent tenir...

 

       Cela dit, il avait un défaut rédhibitoire : le trou de mémoire tenace (un comble pour un comédien !)... Mais c'est peut-être justement cette carence, devenue sa marque de fabrique, qui, paradoxalement, le rendait si reconnaissable entre tous... Pour lui, d'ailleurs, le parcours fut plutôt original : à la place des cours privés de comédie aux prix exhorbitants ou d'un quelconque conservatoire trop élitiste, il fit ses classes chez Mireille (1906-1996), compositrice ("Le Petit Chemin", "Couchés dans le foin" et le thème de la série d'animation "Colargol") et accessoirement épouse du philosophe Emmanuel Berl... Ce petit bout de femme énergique et sensible fonda en 1954 une véritable institution - "Le Petit Conservatoire" - où elle fera naître, par un enseignement patient et autoritaire, un véritable vivier de futures vedettes de la chanson (Françoise Hardy, Michel Berger, Alain Souchon,...)...

 

       Autant dire que Philippe CASTELLI n'y développera jamais de prédispositions pour la chanson, même s'il se commet parfois dans des créations improbables ("Quel panard d'être un loubard !" en 1982) ; en revanche, il y affine ses mimiques maladroites... Ses débuts cinématographiques se déroulent sous les meilleurs auspices, puisque Claude CHABROL, alors jeune chantre de la Nouvelle Vague, et qui s'est fait un devoir de dénoncer les travers de la bourgeoisie provinciale, lui offre un premier emploi dans "Les Bonnes Femmes" en 1960 (il le reprendra coup sur coup pour "Les Godelureaux" [1961] et "Landru" [1963])... CASTELLI intègre même le casting du "Caporal épinglé"en 1962, pénultième œuvre du maître vieillissant Jean RENOIR...

 

       Mais c'est pour Georges LAUTNER, fer de lance d'un cinéma d'action et de divertissement dans la meilleure tradition française, que le débonnaire Philippe CASTELLI présente ses partitions les plus inoubliables, quoique fugaces, comme une sorte de second rôle hors-concours dans la forêt foisonnante des visages familiers de l'écran : pour "Le Guignolo" en 1980, il entonne un douloureux hurlement à la mort après que Jean-Paul BELMONDO lui eût asséné un violent coup de pied... dans les parties ! Le même BELMONDO, candidat improvisé au permis de conduire, hésitant entre "Flic ou voyou" en 1978, malmène le pauvre CASTELLI dans une suite de cascades savamment orchestrées, au terme desquelles ce dernier, demeuré imperturbable, lui déclame un lancinant "Recalé !"...

 

       La bonhommie de cocker triste, qui apparentait volontiers Philippe CASTELLI au célèbre Droopy des courts-métrages animés de Tex AVERY, masquait en vérité une sensibilité et une lucidité certaines : le comédien n'était pas dupe du caractère alimentaire et dénué de prétention des quelque 86 rôles qu'il a incarnés au cinéma et à la télévision ; cette dernière lui a d'ailleurs véritablement permis de ne pas se perdre dans l'anonymat... Philippe BOUVARD, animateur et producteur avisé, ne s'y est pas trompé, quand il a choisi de faire du lunaire CASTELLI l'un des piliers de sa cultissime émission radiophonique "Les Grosses Têtes", dès 1977. Vrai faux jeu culturel et catalogue de savoureux mots d'esprit dans une ambiance bon enfant, l'indéracinable programme phare de RTL a largement implanté dans le sol la popularité du comédien... Durant six ans (de 1992 à 1997), TF1 relaiera en "live" (le samedi soir en prime-time) les tribulations comiques de la bande à BOUVARD...

 

       Depuis quelques années, cependant, les prestations de Philippe CASTELLI dans l'émission se faisaient plus rares ; le comédien, fragile du cœur, préparait subtilement sa sortie définitive... Celle-ci est survenue dimanche 16 avril à l'hôpital européen Georges-Pompidou, si discrètement que son agent Claude Masson ne l'a annoncée que le jeudi suivant...                   

                            

Christophe JACOB © Cinéma m’était conté - pour “Les Gens du Cinéma” (Mise à jour le 20/04/2006)

 

FILMOGRAPHIE

 

1959   Les bonnes femmes : de Claude Chabrol

                               avec Bernadette Lafont

1960  Les Godelureaux : de Claude Chabrol

                               avec Sophie Grimaldi

1961  A fleur de peau : de Claude Bernard-Aubert

                               avec Henri-Jacques Huet

                Le caporal épinglé : de Jean Renoir et Guy Lefranc

                               avec Claude Rich

                Cartouche : de Philippe De Broca

                               avec Claudia Cardinale

1962  Les bricoleurs : de Jean Girault

                               avec Darry Cowl

                Landru : de Claude Chabrol

                               avec Charles Denner

1963  Carambolages : de Marcel Bluwal

                               avec Jean-Claude Brialy

Des pissenlits par la racine : de Georges Lautner

                               avec Mireille Darc

                Les durs à cuire / Comment supprimer son prochain sans perdre l’appétit : de Jack Pinoteau

                               avec Jean Poiret

                La porteuse de pain : de Maurice Cloche

                               avec Suzanne Flon

                Les tontons flingueurs : de Georges Lautner

                               avec Claude Rich

                Une ravissante idiote : de Edouard Molinaro

                               avec Brigitte Bardot

1964  Aimez-vous les femmes ? : de Jean Léon

                               avec Colette Castel

                Les barbouzes : de Georges Lautner

                               avec Lino Ventura

                Fantômas : de André Hunebelle et Jacques Besnard

                               avec Jean Marais

                La grande frousse / La cité de l’indicible peur : de Jean-Pierre Mocky

                               avec Bourvil

                Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd : de Jacques Poitrenaud

                               avec Maurice Biraud

                Un monsieur de compagnie : de Philippe De Broca

                               avec Catherine Deneuve

                Yoyo : de Pierre Etaix

                               avec Luce Klein

1965  Les bons vivants / Un grand seigneur : de Gilles Grangier et Georges Lautner

                               avec Louis De Funès

                                               Segment : ‘Les bons vivants’ de Georges Lautner

Bon week-end / Les enquiquineurs : de Roland Quignon

                               avec Marthe Mercadier

                La bourse et la vie : de Jean-Pierre Mocky

                               avec Marilu Tolo

                Fantômas se déchaîne / Fantômas revient : de André Hunebelle

                               avec Dominique Zardi

                Galia, a fleur de peau / Galia : de Georges Lautner

                               avec Mireille Darc

                Monnaie de singe : de Yves Robert

                               avec Silva Koscina

                Ne nous fâchons pas : de Georges Lautner

                               avec Michel Constantin

                Pas de caviar pour Tante Olga : de Jean Becker

                               avec Pierre Brasseur

                La sentinelle endormie : de Jean Dréville

                               avec Michel Galabru

                Tant qu’on a la santé : de Pierre Etaix

                               avec Sabine Sun

1966  La nuit des généraux : de Anatole Litvak

                               avec Nicole Courcel

1968  La grande lessive ! / Drôle de pirate : de Jean-Pierre Mocky

                               avec René Fleur

1969  Borsalino : de Jacques Deray

                               avec Alain Delon

                La promesse de l’aube : de Jules Dassin

                               avec Melina Mercouri

1970  Doucement les basses : de Jacques Deray

                               avec Nathalie Delon

                Laisse aller… c’est une valse : de Georges Lautner

                               avec Venantino Venantini

1971  Chut ! : de Jean-Pierre Mocky

                               avec Michel Lonsdale

Le drapeau noir flotte sur la marmitte : de Michel Audiard

                               avec Jean Gabin

                Le viager : de Pierre Tchernia

                               avec Michel Serrault

1972  Quelques messieurs trop tranquilles : de Georges Lautner

                               avec André Pousse

                Les volets clos : de Jean-Claude Brialy

                               avec Catherine Rouvel

1973  A nous quatre, Cardinal ! : de André Hunebelle

                               avec Les Charlots

                Les quatre Charlots mousquetaires : de André Hunebelle

                               avec Jacques Seiler

                Un amour de pluie : de Jean-Claude Brialy

                               avec Mehdi El Glaoui

1974  Les bidasses s’en vont en guerre : de Claude Zidi

                               avec Les Charlots

Borsalino & Co. / Borsalino et Cie / Borsalino et Compagnie : de Jacques Deray

                               avec Alain Delon

                Ce cher Victor : de Robin Davis

                               avec Bernard Blier

Deux grandes filles dans un pyjama : de Jean Girault

                               avec Micheline Presle

                Les seins de glace : de Georges Lautner

                               avec Claude Brasseur

                Sexuellement vôtre : de Max Pécas

                               avec Jenny Astruc

                Soldat Duroc, ça va être ta fête : de Michel Gérard

                               avec Pierre Tornade

1975  Black out / Le naufrageur : de Philippe Mordacq

                               avec Laurence Carile

Bons baisers de Hong-Kong : de Yvan Chiffre

                               avec Mickey Rooney

C’est dur pour tout le monde : de Christian Gion

                               avec Claude Piéplu

Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole : de Norbert Terry

                               avec François Gabriel

1976  L’intrus : de Patrick Schulmann – Court Métrage –

                               avec Gérard Croce

1977  Mort d’un pourri : de Georges Lautner

                               avec Stéphane Audran

                One, two, two’ : 122 rue de Provence : de Christian Gion

                               avec Jacques François

                On peut le dire sans se fâcher / La belle emmerdeuse : de Roger Coggio

                               avec Madeleine Robinson

                Dialogue sous la lampe : de Christian Riberzani – Court Métrage –

                               avec Madeleine Bouchez

1978  Brigade mondaine : de Jacques Scandelari

                               avec Odile Michel

                Le cavaleur : de Philippe De Broca

                               avec Jean Rochefort

                Flic ou voyou : de Georges Lautner

                               avec Jean-Paul Belmondo

Ils sont fous ces sorciers : de Georges Lautner

                               avec Renée Saint-Cyr

                Judith Therpauve : de Patrice Chéreau

                               avec Simone Signoret

                Le temps des vacances : de Claude Vital

                               avec Daniel Ceccaldi

1979  Les aventures de Guidon Fûté : de Jean-Marie Durand

                               avec Alain Ganas

Le guignolo : de Georges Lautner

                               avec Michel Galabru

1980  Est-ce bien raisonnable ? : de Georges Lautner

                               avec Miou-Miou

                Signé Furax : de Marc Simenon

                               avec Jean-Pierre Darras

Une merveilleuse journée : de Claude Vital

                               avec Stéphane Hillel

1981  Le jour se lève et les conneries commencent : de Claude Mulot

                               avec Jacques Legras

                Pour la peau d’un flic : de Alain Delon

                               avec Pascale Roberts

Prends ta rolls et va pointer : de Richard Balducci

                               avec Jacques Ardouin

                Le secret des Sélénites : de Jean Image – Dessin Animé –

                                               Seulement Voix

1982  Le battant : de Alain Delon

                               avec Michel Beaune

                Ca va pas être triste : de Pierre Sisser

                               avec Darry Cowl

On s’en fout… nous on s’aime : de Michel Gérard

                               avec Colette Castel

                Plus beau que moi, tu meurs : de Philippe Clair

                               avec Aldo Maccione

                Rebelote : de Jacques Richard

                               avec Olga Georges-Picot

1983  Aldo et Junior : de Patrick Schulmann

                               avec Charlotte Julian

Retenez-moi… ou je fais un malheur : de Michel Gérard

                               avec Michel Blanc

1984  Ave Maria : de Jacques Richard

                               avec Isabelle Pasco

                Liberté, égalité, choucroute : de Jean Yanne

                               avec Jacques François

                Par où t’es rentré… on t’a pas vu sortir : de Philippe Clair

                               avec Jerry Lewis

1985  Banana’s boulevard : de Richard Balducci

                               avec Dominique Lupo

1988   A deux minutes près : de Eric Le Hung

                               avec Jacques Weber

 

ã Jean-Pascal CONSTANTIN pour Les Gens du Cinéma (Mise à jour André SISCOT 20/04/2006)