Date de naissance : le
23 mars 1905 à San Antonio, Texas
Date de décès : le
10 mai 1977 à New York, New York
Nom : Lucille
Fay LeSueur
BIOGRAPHIE :

Joan
Crawford, de son vrai nom Lucille Fay LeSueur, naît à San Antonio, aux
Etats-Unis, un 23 mars 1904, 1905 ou 1906. L’état du Texas n’ayant instauré le
dépôt légal des actes de naissance qu’en 1908, l’année reste incertaine.
Confrontée
dès l’adolescence à un quotidien peu enthousiasmant, elle se jure d’être un
jour célèbre et se passionne pour la danse. Après avoir travaillé quelque temps
comme chorus-girl dans des night-clubs et des revues, elle signe un contrat
avec la M.G.M. et débute à l’écran en 1925. Elle obtient son premier rôle
important dans «Vieux habits … vieux amis» (1925), aux côtés de Jackie Coogan,
et se fait véritablement remarquer pour la première fois dans «Poupées de
théâtre» (1925).
En
1926, l’association de publicitaires «Wampas» qui, depuis 1922, choisit chaque
année d’attirer l’attention sur quelques jeunes actrices au futur prometteur,
l’inclut dans sa liste. Elle poursuit ensuite son ascension en étant,
notamment, la partenaire de grandes vedettes masculines de la firme du lion comme
John Gilbert, William Haines, Ramon Novarro ou encore Lon Chaney.
Enfin,
en 1928, elle devient une star à part entière grâce à «Les nouvelles vierges»,
dans lequel elle est la parfaite incarnation de la jeune fille enflammée de
l’époque, la «flapper». Après quelques derniers films muets, parmi lesquels
«Ardente jeunesse» (1929), elle passe sans problème le cap du parlant dans
«Indomptée» (1929).
Elle
ne tarde pas à révéler tout son potentiel d’actrice dramatique dans «Il faut
payer!» (1930), qui consolide sa position au sein de la M.G.M. Dans la première
moitié des années 30, Joan se révèle être un des atouts commerciaux majeurs de
sa compagnie grâce à des productions comme «La pente» (1931), «Fascination»
(1931), «Captive» (1932), «Grand Hôtel » (1932), «Le tourbillon de la
danse» (1933), «Vivre et aimer» (1934), «La femme de sa vie» (1935), …
Dans
la seconde moitié de la décennie, sa carrière commence à montrer quelques
signes d’essoufflement et, en 1938, elle fait partie de la liste des «poisons
du box-office» établie par des exploitants de salle américains. Heureusement,
avec de solides interprétations dans «Femmes» (1939), «Le cargo maudit» (1940)
ou encore «Il était une fois» (1941), elle arrive rapidement à démontrer
qu’elle est toujours dans la course.
Néanmoins,
au sein de sa firme, de nouvelles étoiles comme Greer Garson, Lana Turner ou
Judy Garland ont fait leur apparition et obtiennent le maximum d’attention. Des
films comme «Quelque part en France» (1942) ou «Un espion a disparu» (1943) déçoivent
la star, qui sent qu’elle ne reçoit plus le soutien auquel elle était habituée
et qu’il est temps de partir vers de nouveaux horizons.
En
1943, de commun accord, son contrat avec la M.G.M. prend prématurément fin.
Elle signe alors avec la Warner, chez qui elle restera jusqu’en 1952, et, après
une courte apparition dans son propre rôle dans «Hollywood Canteen »
(1944), elle fait un come-back éclatant avec «Le roman de Mildred Pierce»
(1945), qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice.
Durant
une douzaine d’années, elle figure en tête de générique de, entre autres,
«Humoresque» (1946), «La possédée» (1947), «Femme ou maîtresse» (1947),
«Boulevard des passions» (1949), «Le masque arraché» (1952), «Johnny Guitar»
(1954), «La maison sur la plage» (1955), «Feuilles d’automne» (1956), «Le
scandale Costello» (1957), …
En
1959, une crise cardiaque emporte son quatrième mari, Alfred Steele, président
de Pepsi Cola, et elle est nommée au comité de direction de cette compagnie peu
après. La même année, elle tient un second rôle dans «Rien n’est trop beau» et
il faut ensuite, pour la revoir au cinéma, attendre «Qu’est-il arrivé à Baby
Jane» (1962), dont elle partage la tête d’affiche avec Bette Davis et qui
remporte un grand succès.
La
suite est moins prestigieuse, tout en n’étant pas inintéressante. Pour les
amateurs de films-cultes à budget réduit, «La coupeuse de têtes» (1964) et
«Tuer n’est pas jouer» (1965), produits et réalisés par William Castle,
réservent par exemple de bonnes surprises. Joan termine sa carrière au grand
écran avec deux séries B anglaises, «La ronde sanglante» (1967) et
«L’abominable homme des cavernes» (1970).
Pour
être complet, signalons encore ses prestations à la télévision de 1953 à 1972,
notamment sa participation à des séries comme «The Man from U.N.C.L.E» ou
encore «The Virginian».
En
1973, Pepsi Cola met fin à sa collaboration avec la comédienne. En septembre
1974, elle fait sa dernière apparition publique à l’occasion d’une fête donnée
en l’honneur de Rosalind Russell dans un club new-yorkais. En effet, horrifiée
par les photos d’elle prises à cette occasion, elle prend la décision de ne
plus participer par la suite à aucune manifestation officielle.
Elle
décède le 10 mai 1977, à Manhattan. L’année suivante, sort le livre «Mommie
Dearest», écrit par un des ses enfants, Christina, adoptée en 1940, qui
présente sa mère comme un personnage névrosé, incontrôlable et violent.
L’adaptation cinématographique de cet ouvrage, «Maman très chère» (1981), aura
comme vedette Faye Dunaway dans le rôle de l’actrice.
Arrivée
au sommet grâce à un savant mélange de glamour, de magnétisme, de ténacité,
d’énergie, d’ambition, de discipline et de détermination, Joan Crawford aura
sans doute été une des plus parfaites incarnations de la star hollywoodienne.
Plus
encore que par ses films, c’est par son image, construite avec un soin tout
particulier, qu’elle laissera une empreinte indélébile dans l’histoire du
cinéma américain de l’âge d’or.
©
Marlène PILAETE pour Les Gens du Cinéma
FILMOGRAPHIE :
• Seulement doublure de Norma Shearer
o Fraternité (Pround flesh) de King Vidor
avec Pat O’Malley
o Une femme sans mari (A slave of
fashion) de Hobart Henley
avec Lew Cody
o Le balourd (The boob / The yokel) de William A. Wellman
o Paris d'
Edmund Goulding
avec
Charles Ray
1927 o Le dernier refuge (Winners of the
wilderness) de W.S. Van Dyke
avec
Tim McCoy
o Taxi girl
(The taxi dancer) de Harry F. Millard
avec
Owen Moore
o The understanding
heart de Jack Conway
avec
Francis X. Bushman
o L’inconnu
(The unknown) de Tod Browning
avec Lon Chaney
o Le bateau ivre (Twelve miles out) de
Jack Conway
avec John Gilbert
o L’irrésistible (West Point) d' Edward
Sedgwick
avec William Blackwell
1928 o La mauvaise route (The law of the
range) de William Nigh
avec Rex Lease
o Rose-Marie de Lucien Hubbard
avec James Murray
o Un soir à Singapour (Across to
Singapore) de William Nigh
avec Ramon Novarro
o La prison du cœur (Four walls) de
William Nigh
avec Vera Gordon
o Les nouvelles vierges (Our dancing
daughters) de Harry Beaumont
avec Johnny Mack Brown
o Cœur de tzigane (Dream of love) de Fred
Niblo
avec Nils Asher
1929 o La tournée du grand Duke (The Duke steps out) de James Cruze
avec Karl Dane
o Hollywood chante
et danse (The Hollywood revue of 1929 / The Hollywood revue) de Charles F.
Reisner
avec Conrad Nagel
o Ardente jeunesse (Our modern maidens)
de Jack Conway
avec Rod
o Indomptée (Untamed) de Jack Conway
avec Robert Montgomery
1930 o Montana moon de Malcolm St. Clair
avec
Ricardo Cortez
o CM Slippery pearls / The
stolen jools de William McGann
avec
Buster Keaton
• Seulement
apparition
o Our blushing
brides de Harry Beaumont
avec
Anita Page
o Great day de
Harry Polar
• Inachevé
o Il faut payer!
(Paid / Within the law) de Sam Wood
avec Robert Armstrong
1931 o La pente (Dance, fools, dance) de Harry Beaumont
avec Lester Vail
o Wir schlten um auf Hollywood de Frank
Reicher
avec Heinrich George
o La pécheresse (Laughing sinners
/ Complete surrender) de Harry Beaumont
avec Neil Hamilton
o This modern age de Nick Grinde
avec Neil Hamilton
o Fascination (Possessed) de Clarence
Brown
avec Wallace Ford
1932 o Captive (Letty Lynton) de Clarence
Brown
avec
Lewis Stone
o Grand Hôtel
(Grand Hotel) de Edmund Goulding
avec Greta Garbo
o Pluie (Rain) de Lewis Milestone
avec Walter Huston
o CM Screen snapshots de
Ralph Staub
avec
Mary Pickford
• Seulement apparition
1933 o Après nous le déluge (Today we live) de Howard Hawks et Richard
Rosson
avec
Gary Cooper
o Le tourbillon de la danse (Dancing
lady) de Robert Z. Leonard
avec
Fred Astaire
1934 o Vivre et aimer (Sadie McKee) de Clarence Brown
avec
Gene Raymond
o Souvent femme varie (Forsaking all
others) de W.S. Van Dyke
avec
Clark Gable
o La passagère (Chained) de Clarence
Brown
avec
Otto Kruger
1935 o La femme de sa vie (No more ladies) d' Edward H. Griffith
avec
Franchot Tone
o Vivre sa vie (I live my life) de W.S.
Van Dyke
avec Brian Aherne
1936 o L’enchanteresse (The gorgeous hussy) de Clarence Brown
avec Robert Taylor
o Loufoque et
compagnie (Love and the run) de W.S. Van Dyke
avec
Reginald Owen
1937 o La fin de madame Cheyney (The last of
Mrs. Cheyney) de Richard Boleslawski
avec
William Powell
o L’inconnu du
palace (The bride wore red) de Dorothy Arzner
avec Robert Young
1938 o Mannequin de Frank Borzage
avec Spencer Tracy
o L’ensorceleuse
(The shining hour) de Frank Borzage
avec Melvyn Douglas
1939 o La féerie de la glace (Ice follies of 1939) de Reinhold Schünzel
avec
Lew Ayres
o Femmes (The women) de George Cukor
avec Joan Fontaine
o Le cargo maudit (Strange cargo) de
Frank Borzage
avec Peter Lorre
1940 o Suzanne et ses idées (Susan and god /
The gay Mrs. Trexel) de George Cukor
avec
Fredric March
1941 o Il était une fois (A woman’s face) de George Cukor
avec
Conrad Veidt
1942 o Embrassons la mariée (They all kissed
the bride) d' Alexander Hall
avec Roland Young
1943 o Quelque part en France (Reunion in France / Mademoiselle
France / Reunion) de Jules Dassin
avec
John Wayne
o Un espion a disparu (Above suspicion)
de Richard Thorpe
avec Fred MacMurray
1944 o Hollywood canteen de Delmer Daves
avec Robert Hutton
1945 o Le roman de Mildred Pierce (Mildred Pierce) de Michael Curtiz
avec Zachary Scott
• Oscar de la meilleure actrice, USA
• Prix NBR de la meilleure actrice par la
National Board of Review, USA
1946 o Humoresque de Jean Negulesco
avec
John Garfield
o Femme ou maîtresse (Daisy Kenyon) d'
Otto Preminger
avec
Henry Fonda
1949 o Les travailleurs du chapeau (It’s a great feeling) de David Butler
avec Errol Flynn
• Seulement apparition
1950 o L’esclave du gang (The damned don’t cry) de Vincent Sherman
avec
Steve Cochran
o La perfide / Le mensonge d’Harriet Craig
(Harriet Craig) de Vincent Sherman
avec
Wendell Corey
1951 o La flamme du passé / Au revoir, mon amour (Goodbye, my fancy) de
Vincent Sherman
avec Robert Young
1952 o Cette femme est dangereuse / La reine du hold-up (This woman is
dangerous) de Felix E. Feist
avec Dennis Morgan
o La nuit écarlate / Le masque arraché
(Sudden fear) de David Miller
avec
Jack Palance
1953 o La madone gitane / Corps sans âme (Torch song) de Charles Walters
avec Michael Wilding
1954 o Johnny Guitar de Nicholas Ray
avec Sterling Hayden
1955 o La maison sur la plage / Cet homme m’appartient (Female on the
beach) de Joseph Pevney
avec
Jeff Chandler
o La femme au venin / Une femme diabolique
(Queen bee) de Ronald MacDougall
avec Barry Sullivan
1957 o Le scandale Costello (Tthe story of
Esther Costello / The golden virgin) de David Miller
avec Rossano Brazzi
1959 o Rien n’est
trop beau / À quoi rêvent les filles?
(The
best of everything) de Jean Negulesco
avec Stephen Boyd
1962 o Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (What
ever happened to Baby Jane?) de Robert Aldrich
avec Bette Davis
o La cage aux femmes (The caretakers /
Borderlines) de Hal Bartlett
avec
Robert Stack
1963 o La coupeuse de tête / La meurtrière diabolique (Strait-jacket) de
William Castle
avec
Leif Erickson
1964 o Della (Fatal confinement) de Robert Gist
avec Charles Bickford
avec John Ireland
1966 o La ronde sanglante / Le cercle de sang (Berseck! / Circus of
terror) de Jim O’Connolly
avec Ty Harding
1967 o Tueurs au karaté (The karate killers /
The five daughters affair) de Barry Shear
avec Curd Jürgens
1970 o L’abominable homme des cavernes (Trog) de Freddie Francis
avec
Michael Gough
AUTRES PRIX :
• Prix Pomme d’Or de l’actrice la plus
coopérative aux Golden Apple Awards, USA (1945)
• Prix Pomme d’Or de l’actrice
la plus coopérative aux Golden Apple Awards, USA (1946)
• Prix Cecil B. DeMille
aux Golden Globes, USA (1970)
© Philippe PELLETIER pour Les Gens du
Cinéma (mise à jour André SISCOT 10/09/2007)