MAURICE CHEVALIER
Vrai nom :
Maurice Auguste Chevalier.
Né à Paris
(20ème) le 12 septembre 1888.
Décédé à Paris
(15ème) le 1er janvier 1972.
Comment expliquer le
prodigieux succès qui caractérise la carrière de cet acteur plutôt mièvre et de
ce chanteur au timbre de voix aussi particulier ?
Sans doute parce qu'avant
toute chose, il avait une présence exceptionnelle. Parce qu'il dégageait une
telle jovialité, une telle bonne humeur, une gouaille de titi parisien, qu'il
était difficile de lui résister. Parce que, certainement, il avait trouvé le
style précis de l'époque à laquelle il appartenait.
Il est né à Ménilmontant, en
même temps qu'une dame devenue très célèbre : la Tour Eiffel.
Son père, peintre en
bâtiment, un peu buveur, les abandonna vite, ses frères et lui. Ce qui explique
que, très tôt, le jeune Maurice aura à gagner sa vie et à subvenir aux besoins
d'une mère, d'origine belge, qu'il adorait. Affectueusement, il l'avait appelée
"la Louque".
Il commence par exercer des
petits métiers : graveur sur métaux, menuisier, électricien, peintre de...
poupées et acrobate. Il sera très tôt victime d'un accident.
Tout cela sera très
éphémère. Il a la tête dans les nuages et sa seule ambition est de chanter.
A douze ans, avec un culot
monstre, il débute dans les caf'concs de Ménilmontant. A seize ans, il se
produit à Bruxelles et de retour à Paris, il triomphe à l'Empire, aux
Folies-Bergère et au Casino de Paris où il popularisera le fameux canotier.
A l'Alcazar de Marseille,
lui, le parigot, se fera immédiatement consacrer. Un fait rare lorsque l'on
sait que les méridionaux ont la dent dure pour les gens du Nord.
Les Folies-Bergère
marqueront le début de son idylle avec Mistinguett (de son vrai nom Jeanne
Bourgeois). Une liaison qui durera près de dix ans.
Le music-hall le conduit
tout naturellement aux opérettes de Christiné et Willemetz qui lui proposeront Dédé
qu'il crée en 1921, puis ce sera Là-haut
de Maurice Yvain.
Les Etats-Unis s'intéressent
à lui et la Paramount lui offre un contrat de six semaines qui ne cessera de se
renouveler. Ceci lui permet de jouer avec les grandes stars de l'époque :
Claudette Colbert et Jeannette Mac Donald.
Il est le "french symbol", le Français
le plus apprécié des Américains. Son anglais teinté d'un accent des plus
savoureux le rend irrésistible. Ses films, populaires, ont tous du succès.
A l'occasion de Gigi,
il se voit décerner un Oscar exceptionnel.
Exceptionnel Maurice ! Ce
dont on ne peut nier, c'est qu'en toutes circonstances, "le p'tit gars de Ménilmontant"
fit montre d'un très grand professionnalisme... Finalement, c'est ce qui
explique peut-être le mieux son extraordinaire réussite.
Outre Mistinguett, on lui
connut Nita Raya parmi ses amours ainsi qu'Yvonne Vallée, une jeune danseuse,
la seule qu'il épousa... et dont il divorça.
En 1968, il fit ses adieux
au public et vivait depuis lors retiré dans sa propriété de Marnes la Coquette
qu'il avait baptisée "La
Louque" en souvenir de sa mère.
Hospitalisé à l'Hôpital
Necker de Paris depuis le 13 décembre 1971, il décéda le premier jour de l'an
1972.
Il avait 84 ans.
FILMOGRAPHIE
1908 Trop crédules, court métrage de Jean Durand,
avec René Gréhan.
1911 La mariée récalcitrante / Une mariée qui se
fait attendre, court métrage de Louis Gasnier, avec
Max Linder.
Par habitude, court métrage de et
avec Max Linder.
1912 La valse renversante, court métrage de
Georges Monca, avec Mistinguett.
1914 Le royaume nain de Lilliput contre Gigas le long,
prince des géants, court métrage.
1917 Ils y viennent tous au cinéma / Une soirée
mondaine, court métrage de Henri Diamant-Berger,
avec
Mistinguett.
1921 Par habitude, court métrage de Henri
Diamant-Berger, avec Pauline Carton.
1922 Le mauvais garçon, de Henri Diamant-Berger, avec Nina Myral.
Le match Criqui-Ledoux, court métrage
de Henri Diamant-Berger.
Gonzague, de Henri Diamant-Berger, avec Pierrette Madd.
1923 L'affaire de la rue de Lourcine, de Henri
Diamant-Berger, avec Odette Florelle.
L'accordeur, court métrage de Henri
Diamant-Berger, avec Odette Florelle.
Jim Bougne boxeur, de Henri Diamant-Berger,
avec Odette Florelle.
1928 Hello New-York ! / Bonjour New York,
court métrage de Robert Florey.
1929 Innocents of Paris / La chanson de Paris,
versions américaine et française, de Richard
Wallace, avec Sylvia Beecher.
The love parade / Parade d'amour,
versions américaine et française, d'Ernst Lubitsch, avec
Jeannette Mac Donald.
1930 Paramount on parade, versions américaine et
étrangères, d'Ernst Lubitsch, avec Evelyn Brent.
The big pond / La grande mare,
versions américaine et française, de Hobart Henley, avec
Claudette Colbert.
Playboy of Paris / Le petit café, de Ludwig
Berger, version américaine avec Frances Dee et
version
française avec Françoise Rosay.
1931 The stolen Jewels / The slippery pearls, court métrage de
William Mac Cann.
El cliente
seductor, court métrage de Florian Rey et Richard Blumenthal.
The smiling lieutenant / Le
lieutenant souriant, versions américaine et française, d'Ernst
Lubitsch, avec Claudette Colbert.
Love me tonight / Aimez-moi
ce soir, de Rouben Mamoulian, avec Jeannette Mac Donald.
Bimbo's express, court métrage (dessin
animé) de David Fleischer, chanson uniquement.
1932 One hour with you / Une heure près de toi,
versions américaine et française, d'Ernst Lubitsch,
avec Jeannette
Mac Donald.
Make me a star, de
William Beaudine, avec Joan Blondell.
Stopping the show, court
métrage (dessin animé) de David Fleischer, chanson uniquement.
1933 A bedtime story / Monsieur Bébé, de Norman Taurog, avec
Helen Twelvetrees.
The way of love / L'amour
guide, de Norman Taurog et Jean Boyer, version
américaine avec
Ann Dvorak et version française
avec Jacqueline Francell.
L'accordeur, court métrage de Henri
Diamant-Berger, avec Albert Préjean.
1934 The merry widow / La veuve joyeuse, versions
américaine et française, d'Ernst Lubitsch, avec
Jeannette Mac Donald.
Toboggan / Battling George, de Henri
Decoin, avec Arlette Marchal.
1935 Folies-Bergère, de Roy Del Ruth et Marcel
Achard, version américaine avec Merle Oberon,
version
française avec Nathalie Paley.
1936 The beloved vagabond / Le vagabond bien-aimé,
de Kurt Bernhardt, avec Betty Stockfeld.
L'homme du jour, de Julien Duvivier, avec
Elvire Popesco.
Avec le sourire, de Marcel Tourneur,
avec Marie Glory.
1938 Break the news / Fausses nouvelles, de René
Clair, avec June Knight.
1939 Pièges, de Robert Siodmak, avec Marie Déa.
1946 Paris 1900, documentaire de Nicole Vedres.
Le silence est d'or, de René Clair,
avec Marcelle Derrien.
1948 Rêves et réalités, court métrage d'Alain Pol,
participation.
1949 Le roi, de Marc-Gilbert Sauvajon, avec Annie
Ducaux.
1950 Ma pomme, de Marc-Gilbert Sauvajon, avec
Sophie Desmarets.
La nuit des étoiles, court métrage de
Louis Fehr-Lutz, participation.
1952 Jouons le jeu... l'avarice, court métrage d'André
Gillois.
1953 Schlager parade, d'Erik Ode, simple apparition.
Sur toute la gamme, court métrage de
Maurice Régamey.
Cento anni d'amore / Un siècle
d'amour, sketch "Amore" de Lionelle
De Felice, avec Jacques
Sernas.
Chevalier de Ménilmontant, court
métrage de Jacques Baratier.
1954 J'avais sept filles, de Jean Boyer, avec
Délia Scala.
Caf'conc' 1954, court métrage d'André
Berthomieu.
Visite à Maurice Chevalier, court
métrage de René Lucot et Georges Folgoas.
1956 Love in the afternoon / Ariane, de Billy Wilder, avec
Audrey Hepburn.
The happy road /
La route joyeuse, de et avec Gene Kelly, chanson uniquement.
1957 Gigi, de Vincente Minnelli, avec Leslie
Caron.
The
heart of show business, court métrage de Ralph Staub, simple apparition.
Rendez-vous avec
Maurice Chevalier, 6 courts métrages de Maurice Régamey.
1959 Count your blessings / J'ai épousé un
Français, de Jean Negulesco, avec Deborah Kerr.
1960 Can-Can, de Walter Lang, avec Shirley MacLaine.
Premier Khrushchev in the USA,
documentaire sur les plateaux du film précédent.
A breath of scandal / Un scandale à
la Cour, de Michael Curtiz, avec Sophia Loren.
Pépé, de George Sydney, avec
Cantinflas.
Fanny, de Joshua Logan, avec Leslie
Caron.
Les années folles,
documentaire de Mirea Alexandresco et Henri Torrent.
Black tights / Les collants noirs / Un, deux,
trois, quatre, de Terence Young, avec Zizi
Jeanmaire.
1962 In search of the castaways / Les enfants du
capitaine Grant, de Robert Stevenson, avec Hayley
Mills.
La sage-femme, le curé et le bon
Dieu / Jessica, de Jean Negulesco et
Oreste Palella, avec
Noël-Noël.
1963 A new kind of love / La fille à la casquette,
de Melville Shavelson, avec Joanne Woodward.
Panic button / Un Américain à Rome, de George
Sherman, avec Eleanor Parker.
1964 I'd rather be rich / Deux fiancés sur les
bras, de Jack Smight, avec Sandra Dee.
La chance et l'amour, sketch "Les
interviews-vérité" de Claude Chabrol.
La bataille de France, documentaire
de Jean Aurel.
Reflets du temps passé, court métrage
de Marcel Leray.
1965 The love goddesses / Les déesses de l'écran,
documentaire de Saul J. Turell et Graeme
1966 Monkeys go home ! / Singes go home!,
d'Andrew V. McLaglen, avec Yvette Mimieux.
1969 Le chagrin et la pitié, documentaire de
Marcel Ophüls, participation.
1970 The aristocats / Les aristochats, dessin
animé de Wolfgang Reitherman, voix uniquement.
1974 That's entertainment ! / Il était une fois
Hollywood, de Jack Haley jr, film de montage.
1976 That's entertainment II, de Gene Kelly, film
de montage.
Chantons sous l'occupation, d'André Halimi,
film de montage.
Ciné-Follies, de Philippe
Collin, film de montage.
© Yvan Foucart –
Dictionnaire des comédiens français disparus.