MARIA  CASARES 

 

 

 

Vrai nom : Maria Victoria Casarès Perez.

Née à La Coruna (Espagne) le 21 novembre 1922.

Décédée à  Alloue (Charente) le 22 novembre 1996.

 

 

Fille d'un avocat ministre du gouvernement républicain espagnol, Maria arrive à 14 ans à Paris sans connaître un seul mot de la langue de Voltaire.

 

Trois ans plus tard, elle se présente au concours d'entrée du Conservatoire, mais elle est recalée tant son français est épouvantable...

Elle ne se décourage pas pour autant.  Elle veut devenir comédienne et s'inscrit aux cours de Béatrice Dussane.

Avec pugnacité et détermination, elle corrige sa diction et adoucit les  r.

 

Trois autres années s'écoulent et Marcel Herrand, codirecteur des "Mathurins", la découvre, la prend en affection et lui offre sans aucune hésitation le rôle-titre de Deierde des douleurs, une pièce de l'auteur irlandais Synge.

C'est une belle revanche,  Paris la consacre sur-le-champ.  Elle a à peine 20 ans !

La Comédie-Française la courtise à son tour, mais elle n'y reste que deux ans.  Elle y joue notamment Don Juan de Molière.

 

Actrice d'exception, au tempérament indépendant, possédée d'une passion dévorante, elle se retrouve plus tard dans la cour du Palais des Papes en Avignon avec le Théâtre National Populaire de Jean Vilar et une bande d'amis qui ont pour nom : Gérard Philipe, Georges Wilson, Philippe Noiret, Jeanne Moreau, etc.

Elle y reste six ans puis retrouve sa liberté pour servir d'autres scènes.  Pas nécessairement les plus glorieuses car ce qui lui importe avant tout ce sont la qualité et la richesse des textes.

 

Impossible, bien entendu, de citer toutes ses aventures théâtrales : Jeanne d'Arc de Charles Péguy; Solness le constructeur d'Ibsen; Cher menteur de Jérôme Kitty qu'elle interprète avec Pierre Brasseur; Les paravents de Jean Genet, avec Jean-Louis Barrault; Les géants de la montagne de Luigi Pirandello, jusqu'à sa toute dernière prestation au Théâtre de la Colline, fin février 1996, dans Les œuvres complètes de Billy the Kid  de Michael Ondaatje.

 

Au cinéma qu'elle n'aimait pas, peu de films, mais néanmoins des compositions de qualité.  Singulier paradoxe quant on sait qu'elle débuta par un chef-d'œuvre : Les enfants du paradis de Marcel Carné.  Elle y incarne la triste Nathalie, l'épouse trompée par le mime Baptiste qui lui préfère la rayonnante Garance-Arletty. 

Elle est également sublime en Sanseverina dans La chartreuse de Parme d'après Stendhal et tout aussi parfaite dans les deux Orphée de Jean Cocteau qui lui vouait une immense admiration.

 

De sa vie privée qu'elle tenait farouchement secrète, on ne lui connaît que sa vibrante passion pour Albert Camus (prix Nobel de littérature 1957) qui se tua dans un accident de voiture en 1960.

 

Maria Casarès décéda dans sa maison de campagne en Charente vaincue par un cancer.

Sa mort survint trois semaines seulement après celle de Marcel Carné.  C'est pratiquement ensemble qu'ils rejoignirent leurs immortels "enfants du paradis".

 

Les gens du théâtre se souviendront longtemps de son prodigieux talent, de ses yeux verts, de sa voix rocailleuse quelque peu chantante et de son impressionnante aura.

 

Elle avait reçu le Molière de la meilleure comédienne 1989 pour son interprétation dans Hécube d'Euripide.

 

Elle nous laisse un intelligent livre de souvenirs : "Résidente privilégiée", édité par Fayard en 1980.

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1942  Etoiles de demain, court métrage de René Guy-Grand, avec Jean-Louis Barrault.

1943  Les enfants du paradis, de Marcel Carné, avec Jean-Louis Barrault.

1944  Les dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson, avec Paul Bernard.

          La vie secrète des visages, court métrage d'Albert Guyot, avec Philippe Olive.

1945  Roger la honte, d'André Cayatte, avec Lucien Coëdel.

1946  La revanche de Roger la honte, d'André Cayatte, avec Lucien Coëdel.

          L'amour autour de la maison, de Pierre de Hérain, avec Pierre Brasseur.

          La septième porte, d'André Zwobada, avec Georges Marchal.

1947  La chartreuse de Parme, de Christian-Jaque, avec Gérard Philipe.

1948  Bagarres, de Henri Calef, avec Roger Pigaut.

1949  L'homme qui revient de loin, de Jean Castanier, avec Paul Bernard.

          Orphée, de Jean Cocteau, avec Jean Marais.

          Guernica, court métrage d'Alain Resnais et Robert Hessens, commentaire uniquement.
1950  Ombre et lumière, de Henri Calef, avec Jacques Berthier.

1951  En souvenir de moi, court métrage de Marcel Gibaud, commentaire uniquement.
          La cité des trésors, court métrage de Julien Bonardier, commentaire uniquement.

          La vie de Jésus, de Marcel Gibaud, commentaire uniquement.

1952  Cœur d'amour épris, court métrage de Jean Aurel, commentaire uniquement       

1953  La tragique recherche de la perfection : Léonard de Vinci, court métrage de Enrico

          Fulchignoni, commentaire uniquement.
1954  Le mystère de la licorne, court métrage de Jean-Claude Sée, commentaire uniquement.
          Varsovie quand même, court métrage de Yannick  Bellon, commentaire uniquement.
1955  Les jardins du seigneur, court métrage de Jean-Claude Huisman, commentaire uniquement.
1957  L'enfant de Thalassa, court métrage d'Edouard Luntz, commentaire uniquement.

1958  Le Théâtre National Populaire, court métrage de Georges Franju.
          De cœur et de pierre, court métrage de Harry Kumel, commentaire uniquement.

1959  Le testament d'Orphée, de Jean Cocteau, avec Jean Marais.
1961  Thamar et Ammon, court métrage de Harry Kumel, commentaire uniquement.

          Satan mon prochain, court métrage de Francis Lacassin et Raymond Bellour, commentaire

          uniquement.

1963  Hieronymus Bosch, court métrage de François Weyergans, commentaire uniquement.
1967  D'amour et de pierre, court métrage de Jean-Marie Isnard, commentaire uniquement.
1970  Les rencontres de Mérimée, court métrage de Jacques de Casembroot, commentaire

          uniquement.

1972  Les deux mémoires, de Jorge Semprun, documentaire.

          Jean Vilar, une belle vie, documentaire de Jacques Rutman, participation.

1973  Flavia, la monaca musulmana / Flavia la défroquée / Flavia la religieuse musulmane, de

          Gianfranco Mingozzi, avec Florinda Bolkan.

1975  L'adieu nu, de Jean-Henri Meunier, avec Michael Lonsdale.

1984  Blanche et Marie, de Jacques Renard, avec Miou-Miou.

1987  De sable et de sang, de Jeanne Labrune, avec André Dussolier.

1988  La lectrice, de Michel Deville, avec Miou-Miou.    

1989  Les chevaliers de la Table ronde, de Denis Llorca, avec Michel Vitold.

          Monte bajo, de Julian Esteban Rivera, avec Jorge Sanz.

1994  Someone Else's America / L'Amérique des autres, de Goran Paskaljevic, avec Tom Conti.

 

© Yvan Foucart – Dictionnaire des comédiens français disparus.